Biographie de Mama Béa (2ème partie)
1ère partie de la biographie de Mama Béa
À la fin des années 1960, lorsque Béatrice Tékielski était venue à Paris, elle avait découvert le rock, en particulier Janis Joplin et Jimi Hendrix. Il faut dire qu’à cette époque, ces artistes n’étaient pas diffusés à la radio, les ondes étant cannibalisée par la variété du show-biz. Pour pouvoir écouter du rock, il fallait habiter dans le nord de la France pour avoir accès aux radios pirates anglo-saxonnes (radio Caroline par exemple puis radio Campus à Lille à partir du début des années 1970).
Ainsi, Béatrice se rend compte que l’on peut chanter des trucs intelligents sur un support musical rythmique. De plus, écoutant le disque de Robert Charlebois avec Louise Forestier, elle prend conscience que cela peut se faire en français.
Donc, après avoir enregistré son premier album, Béatrice tourne beaucoup et particulièrement dans les milieux féministes. Ainsi, en 1972, le 45 tours « Résurrection », rescapé d’un second album SFP, témoigne de cette période.
Puis en 1973 Béatrice s’entoure d’un groupe « Ego » :
« Malheureusement, ça n’a pas tenu plus de six mois, manque d’argent, ils se sont découragés, et j’ai dû continuer seule. Je voulais prouver que c’était possible quand même. Alors j’ai fait des spectacles seule, à la guitare amplifiée avec des effets spéciaux. Puis à la vraie guitare électrique, par souci d’avoir un son plus sûr ; la guitare électrique, c’est vraiment fait pour ça ».
Naissance du deuxième album de Mama Béa : La Folle
C’est alors que fin 1976, Yan More et Béa rencontrent Jean-Louis Tersiguel , patron de l’étiquette Isadora. Le double album « La Folle » va naître. Joël Dugrenot, bassiste et arrangeur de l’album se souvient :
« Tersiguel m’appelle et me dit qu’il vient de rencontrer une nana, une dingue. Il me demande d’organiser son délire en studio. Nous nous sommes enfermés aux studios Clarens, à Vincennes, et ça a été très très vite : le double en huit jours, presque sans dormir. Béa est très renfermée. Ses seuls moments de liberté, c’était quand elle chantait : il se passait alors quelque chose de puissant. Le reste du temps, Yan faisait tout, se mêlait de tout »
La Folle marque néanmoins le début du succès fou pour Béatrice devenue de Mama Béa. Ce mélange d’électricité, de jazz-rock et de chanson, la place dans le peloton de tête du rock avec Bernard Lavilliers Lavilliers et Jacques Higelin.
Ainsi, en avril 1977 Mama Béa participe au premier Printemps de Bourges. De plus, cette année-là, elle fera paraître « Il faudrait rallumer les lumières dans ce foutu compartiment »
Puis, en 1978, c’est la parution de « Pour un bébé robot » qui reçoit le Prix Charles Cros. En outre elle passe à l’Olympia à l’automne.
RCA rachète Mama Béa à Isodora
En 1979 RCA rachète Mama Béa à Isodora. En cadeau de bienvenue, la compagnie fait paraître « Visages » un album qui comprend 6 chansons remixées, tirées du double 33 tours « La Folle », cadeau ou opportunisme ?
Néanmoins, cette année-là paraît « Le chaos ». Dans cet album, elle se trouve un partenaire de guitare en la personne de Robert Baccherini.
Yan More est toujours plus présent, techniquement, médiatiquement. Écran aussi. Mama Béa finit par s’en apercevoir :
« … En plus, à ce moment-là, si je m’exprimais sur scène, au dehors j’étais complètement repliée sur moi-même : donc il y avait toujours quelqu’un qui répondait à ma place, dans les interviews, les rapports avec les organisateurs de spectacles. Et ce quelqu’un a abusé de ce pouvoir que je lui confiais. Au début, je ne me rendais compte de rien, je ne savais sur ce qu’on pensait de moi, que ce que, lui, voulait m’en dire. Et ce qu’il m’en disait était orienté pour valoriser son rôle et me faire croire que je n’étais capable de rien sans lui… ».
Une emprise dont Mama Béa ne sortira pas sans casse !
[ sources Paroles & musique n° 43 – Chorus n° 11 ]
Discographie 1971 / 1979 de Mama Béa
1971 Un 33 tours : Je cherche un pays (Béatrice Tékielski) (SFP)
1972 Un 45 tours : Résurrection (SFP)
1977 Double 33 tours : La Folle &
Un 33 tours : Faudrait rallumer les lumières… (Isadora)
1978 Un 33 tours : Pour un bébé robot (Isadora) &
: Participation au disque Le printemps de Bourges (RCA)
1979 Un 33 tours : Visages (remix 6 chansons de La Folle) (RCA) &
Un 33 tours : Le chaos (RCA)
Chansons de la 2ème partie : Rock français des années 1970 : Les pissenlits
16:18 Alain Kan : Une espèce de Lolita… toute verte : Alain Kan – Laurent Thibault : 1975
20:09 Dynastie Crisis : Réveille-toi : Geza Fenzl – Jacques Mercier : 1972
24:24 Mama Béa Tekielski : Les pissenlits : Mama Béa Tekielski : 1977