Centenaire de la Commune, le peuple a toujours chanté :
« Si aujourd'hui, sa voix est, dans une large mesure, vaincue par celle du juke-box et de la télévision, il est frappant de constater, au contraire, combien voici 100 ans, le chant encore était pur, naturel, fait seulement des joies et des peines des hommes.
Le commerce n'avait pas dicté sa loi aux poètes et aux chansonniers. L'industrie n'était pas venue qui remplace l'artiste par la matière, qui transforme l'amateur, jadis chantant, en auditeur passif […]Le lancement d'une chanson ne se faisait pas par un seul canal qui est celui de la reproduction mécanique. Il n'était donc pas facile d'en assurer le contrôle. Enfin, surtout, n'était pas établie cette censure permanente du chant réputé non commercial qui voit le chansonnier préoccupé de son temps refoulé de tous les circuits… ».
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(source La Commune en chantant de Georges Coulonges )
Armand Serge Zelikson, alias Armand Mestral, acteur et chanteur français, naît à Paris en 1917. Son père, Chlioma, d'origine russe, est sculpteur, sa mère Alice Eugénie Mestrallet est dessinatrice. Né sous le nom Armand Serge Mestrallet, il n'est reconnu par son père qu'en 1920.À la fin de ses études secondaires, Armand pense devenir peintre mais il pratique parallèlement le chant à l'église Saint-Roch. Finalement il devient choriste à la Gaîté Lyrique.
Pendant la deuxième guerre mondiale, doté d'une belle voix de basse, Armand Mestral participe à de nombreux concours et finit par se faire engager à l'Opéra comique. Il se produit dans des opéras et des opérettes. Mais il touche aussi à la variété avec succès en enregistrant des chansons populaires : Plaine, ma plaine, Jalousie, Mississipi (Old man river). De plus il fait ses débuts au cinéma en 1956 en incarnant Lantier dans Gervaise de René Clément.
En premier lieu, Armand Mestral enregistre son 1er 78 tours en 1942 : "Chanter sous la pluie / Soir d'hiver. Ainsi, entre 1942 et 1955 il en enregistre plus de quarante 78 tours. Cette importante production reparaitra ensuite sous forme de 45 tours ou de 33 tours 25 cm. À partir de 1955 jusqu'au milieu des années 1960, il fera paraître régulièrement des 45 tours et albums de chansons populaires qui rencontrent le succès publicsPuis en 1971; il participe à l'enregistrement du spectacle "La Commune en chantant" de Georges Coulonges. En compagnie de Mouloudji, Francesca Solleville, Les Octaves, ...)Finalement en 1975 il participe à une Anthologie de la chanson paillardes en 6 volumes, encore en belle compagnie Marie-Thérèse Orain, Mouloudji, Les Octaves, etc...
02:04 Adrienne Chaumont : Au loup : Jean-Baptiste Clément : 197105:07 Armand Mestral : Paris pour un beefsteak : Emile Dereux : 197108:22 Groupe 17 : Le drapeau rouge (1885) : Paul Brousse, adapt. Achille Le Roy - Jacques Vogt : 197111:42 Francesca Solleville : La canaille : Alexis Bouvier - Joseph Darcier : 1971
Armand Mestral Les OctavesEn 1963, cinq lycéens de Troyes; Gérard Boehler, Jean-Marie Ployé, Gérard Fardet, Bernard Guyot et Michel Joubert, passionnés de chansons forment un groupe vocal : Les Octaves.En premier lieu, ils enregistrent un premier album 17cm en 1968 "À l'opéra". Les Octaves ont ensuite l'occasion de rencontrer Mouloudji qui les amène dans l'aventure "La commune en chantant" en 1971
En fait, en 1971 paraît un double album 33 tours "La Commune en chantant". Cet album provient d'un spectacle du même nom, tiré d'un livre de Georges Coulonges pour le centenaire de la Commune de Paris.
« Nous avons prêté une oreille attentive à ces chants montant d'un Paris qui connaît les assauts des Prussiens, la trahison, la famine, la révolte et, pour finir la tuerie ou la déportation de ses fils […]La chanson est l'un des grands moyens d'approcher le sentiments populaire […] Nous voyons vivre devant nous les Communards espérant, luttant, se battant, mourant ou, vaincus, proscrits, espérant encore avec pour les soutenir, leur confidente et leur entrain : la chanson ».
Cette œuvre collective réunit Mouloudji, Francesca Solleville, Armand Mestral, Les Octaves et les chœurs de l'Ensemble Madrigal de l'Île-de-France.
16:40 Mouloudji : Quand viendra-t-elle ? : Eugène Pottier - Traditionnel : 197120:26 Komintern : Pongistes de tous les pays : Eva Baulen, adapt. Komintern - Oscar Petit22:47 Les Barricadiers : Le père Duchesne : Anonyme : 197124:27 Les Octaves : Vive la Commune : Eugène Chatelain - Traditionnel : 197126:22 Les Quatre Barbus : Chant de l'Internationale : Paul Burani, Isch-Wall - Antonin Louis : 1971
Simonne Lacrampe-Peyroutet, alias Simone Bartel, chanteuse et compositrice française, naît en 1922 à Lourdes. Son père est mécanicien naviguant dans l'aéropostale, sa mère infirmière. Ses parents sont libres penseurs, en outre son père est franc tireur partisan pendant la seconde guerre mondiale.
En conséquence Simone peut s'émanciper à 18 ans pendant la guerre. Elle fréquente alors les Auberges de la jeunesse puis après-guerre la chorale des Auberges "Chantons au vent" Ainsi en 1950 la chanteuse d'opéra Denise Dupleix l'incite à entamer une carrière solo.
D'abord, Simone Bartel participe à la création d'une troupe d'amateurs : La compagnie Spartacus pour monter 'L'homme et sa liberté" de Chris Marker. Travail récompensé du prix des jeunes compagnies. Ensuite, elle fait le choix de s'orienter vers le professionnalisme. Simone prend alors des cours de chant avec Odette Soumaille, un travail pour mettre le texte en valeur.Simone Bartel débute au cabaret "L'Echanson" puis de fil en aiguille elle passe dans tous les cabarets qui comptent : L'Écluse,La Colombe, Milord l'Arsouille…De plus, elle chante aussi à l'étranger : en RDA, en Belgique, en Suisse, en Italie…
En premier lieu, Simone Bartel participe dans deux titres au premier 45 tours de Lucette Raillat "Chantons l'histoire"Ensuite entre 1958 et 1962, la chanteuse enregistre cinq 45 tours chez BAM. Puis elle s'arrête quelques années pour s'occuper de son petit garçon.Simone reprend le chemin du studio en 1965 pour enregistrer l'album 33 tours 30 cm "Chansons du sang passé" suivi l'année suivante d'un album 17cm "Vive la Sociale - Chansons fouriéristes de Eugène Pottier".Puis en 1968 parait l'album "Chansons-bêtes" consacré à Jean ArnouilhEnfin, en 1969 Simone participe à l'album "Chants de galère, bagnes et prisons" des Quatre Barbus.
En 1971 paraît "Simone Bartel chante La Commune de Paris" un album enregistré en public mais malheureusement publié à seulement 300 exemplaires. Deux extraits de ce magnifique album seront diffusés lors de ce programme.
32:41 Bernard Haillant : La bande à Riquiqui : Jean-Baptiste Clément - Maurice Debaisieux : 197134:31 Simone Bartel : L'insurgé : Eugène Pottier - Hervé Ghesquière : 1971 36:47 Groupe 17 : La Communarde : Jean-Baptiste Clément - air : La Carmagnole : 197139:59 Armand Mestral : Le capitaine "Au mur" : Jean-Baptiste Clément - Max Rongier : 1971 43:14 Simone Bartel : Le tombeau des fusillés : Jules Jouy - Frédéric Doria : 1971
Simone Bartel - La Commune de Paris Simone Bartel Francesca SollevilleLa 1ère partie est consultable ICI
En 1961, lors de sa première tournée avec Jean Ferrat, Francesca découvre la chanson "J'entends, j'entends" : J'en ai tant vu qui s'en allèrent / ils ne demandaient que du feu / Ils se contentaient de si peu / Ils avaient si peu de colère…. La première fois qu'elle la chante dans une fête populaire, ses yeux tombe sur les premiers rangs :
« Des gens comme on n'en voit nulle part… ou comme j'en ai vu à l'enterrement de Jacques Duclos. Des gens qui sortent rarement de chez eux et qui, ce jour-là, s'inclinaient en larmes devant le cercueil. J'ai été frappé par leur connivence avec les mots de la chanson, par notre compréhension mutuelle. Dans une telle situation tu comprends pourquoi tu chantes. C'est tout simple. Je chante encore "J'entends, j'entends" parce qu'elle s'adresse vraiment à l'âme des gens ».
Alors, Francesca enchaîne les tournées : Jeunesse Musicale de France, tournée en Algérie, tournée de la Contrescarpe en Amérique. En 1963, elle jouera le rôle d'une pute dans le film dragées au poivre où elle y chante "La joueuse de gong". Elle reprendra ce titre dans son album "Deuxième Récital" paru en 1964. Album qui sera récompensé du Prix de l'Académie Charles Cros.
De plus Francesca Solleville tourne aussi beaucoup dans les cabarets rive gauche. Colette Magny venait l'écouter place de la Contrescarpe. Elles deviennent amies, Francesca inscrit alors "Les Tuileries" à son répertoire. Elle l'enregistrera dans son album "Récital N°3" paru en 1965
Francesca Solleville et Colette Magny participent aux mêmes piquets de grève. Plus personne n'avait d'essence mais les ouvriers en grève en trouvaient pour qu'elles puissent se rendre en voiture d'une usine à l'autre.
« On n'avait pas de sono, on chantait n'importe où. Je garde le souvenir d'extraordinaires moments de solidarité. Nous passions des durs de chez Citroën aux toutes jeunes filles - 17, 18 ans - de Rivoire et Carret dans je ne sais plus quelle banlieue : des enfants qui défendaient leur travail - le conditionnement de pâtes- aux côtés de leurs aînés. Ces gamines jouaient avec une portée de chatons qu'elles avaient recueillis dans les fourrés proches des ateliers tout en continuant l'occupation et la grève ».
De fait en mai, les cabarets rive gauche sont contraints de fermer leurs portes. La capitale sort de sa léthargie puis s'enflamme. De Saint-Germain-des-Prés à Saint-Michel, de Saint-Michel à la Contrescarpe. Faute de public et d'artistes, les cabarets doivent attendre le retour de "l'ordre républicain" pour rouvrir. Plusieurs ne le feront pas. Le public est revenu mais pas le même, snob, se permettant de venir en cours de spectacle et de partir avant la fin. Pendant les vacances "Le Cheval d'Or" ferme.La fin du Cheval d'Or puis, un an et demi plus tard, celle de la Contrescarpe, peuvent être considérées comme la mort clinique du cabaret rive gauche. Galas et grande salles constituent alors la seule voie possible pour la chanson. Encore faut-il avoir les épaules alors que l'air du temps change à toute allure.
Finalement, en 1971 Francesca participe à l'aventure "La Commune en chantant" initiée par Mouloudji.
47:39 Adrienne Chaumont : La semaine sanglante : Jean-Baptiste Clément - Pierre Dupont : 197152:37 Francesca Solleville : Elle n'est pas morte : Eugène Pottier - Victor Parizot : 1971 55:49 Nicole Vervil : Louise Michel : Jules Jouy - Wicht : 196058:17 Simone Bartel : Quand viendra-t-elle ? : Eugène Pottier - Traditionnel : 1971
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