C.d.C. #30 La jeunesse en 1968 - Robert Charlebois - Georges Chelon - Jean-Max Brua - Dominique Grange

Episode 30 March 29, 2025 00:59:59
C.d.C. #30 La jeunesse en 1968 - Robert Charlebois - Georges Chelon - Jean-Max Brua - Dominique Grange
Le chant de l'histoire
C.d.C. #30 La jeunesse en 1968 - Robert Charlebois - Georges Chelon - Jean-Max Brua - Dominique Grange

Mar 29 2025 | 00:59:59

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C.d.C. #30 La jeunesse en 1968 - Robert Charlebois - Georges Chelon - Jean-Max Brua - Dominique Grange

La jeunesse en 1968 : contexte historique

En France "les événements de mai 1968" restent ancrés dans la mémoire collective. Pourtant la contestation de la jeunesse en 1968 n'est pas apparue en mai 68, pas plus qu'elle se s'y termine. Le mouvement vient de loin : aux États Unis d'Amérique en 1960 déjà des étudiants noirs, victimes de ségrégation organisent un sit-in suivi de multiples manifestations. Avec l'intensification de l'engagement militaire étasunien en 1965, le mouvement de protestation va s'amplifier et surtout s'internationaliser.Ainsi depuis le début de 1967 le climat social dans son ensemble se durcit en France. À partir de janvier 1968, les contestations - sur l'enseignement, la condition étudiante, la guerre du Vietnam- convergent et leur intensité ne cesse de croître jusqu'à l'explosion de Mai.

Biographie de Robert Charlebois

Robert Charlebois, chantauteur et acteur québécois, naît à Montréal (Québec) en 1944. Son père, ingénieur, dirige une usine métallurgique d'outils de précision, sa mère est secrétaire. C'est un enfant timide, discret, bon élève. Il prend des cours de piano très tôt.Il suit le cursus du "cours classique" qui était contrôlé par l'Église et destiné à l'élite de la société. En outre c'était, avant la Révolution tranquille, la seule voie pour pouvoir accéder à l'université.Robert Charlebois va jusqu'à la sixième année "la Rhétorique" puis travaille dans un théâtre itinérant pour enfants. C'est alors à ce moment là qu'il découvre le plaisir de la scène. Ainsi en septembre 1962 il fait ses débuts dans une boîte à chanson en première partie de Félix Leclerc.

Début de la carrière musicale de Robert Charlebois

Enfin, en 1966 paraît un premier album 33 tours récompensé du titre de "découverte de l'année". Sa chanson "La Boulée" le fait connaître au public des chansonniers.En fait, en 1966 et 1967 Charlebois effectue des voyages en Martinique et en Californie. Ceux-ci seront déterminants pour son orientation musicale future. Ainsi, dans son album 50 millions de 1967 apparait le virage vers une musique "rock". Avec ce troisième microsillon, Charlebois devient le premier chansonnier québécois à s'accompagner à la guitare électrique.Finalement, Robert Charlebois révolutionne la chanson québécoise en collant des textes jouals sur des musiques rock. Enfin, en 1968, il participe à un événement qui marquera définitivement la rupture avec la tradition chansonnière : l'Osstidcho.

L'Osstidcho

Sorte de happening culturel, ce spectacle, qui met également en vedette des gens comme Yvon Deschamps, Louise Forestier, Mouffe et le Jazz Libre du Québec, transgresse les règles du genre et impose une conception totalement différente de la scène. Charlebois y développe un style où se mêlent humour, provocation et improvisation.La liberté créative est au centre du processus de création. Quelques jours avant la première représentation, le spectacle n'avait toujours pas de nom. Excédé par l'indiscipline des membres de la troupe, le metteur en scène, Paul Buissonneau lança à Charlebois : "Ton hostie de show fourre-toé-le dans l'cul". Le titre du spectacle était enfin trouvé.En 1968 paraît l'album Lidberg qui va le faire connaître au grand public.

Chansons de la 1ère partie : La jeunesse en 1968 : Robert Charlebois

02:32 Robert Charlebois, Louise Forestier : La marche du président : Gilles Vigneault - Robert Charlebois : 196806:57 Guy Béart                                               : Rotatives                            : Guy Béart : 196810:07 Marthe Fleurant                                   : Adrienne                             : Raymond Lévesque : 1968 13:48 Francesca Solleville                            : Morbihan                            : Eugène Guillevic - Jean-François Gaël: 1968

Biographie de Georges Chelon

Georges Chelon, chantauteur français, naît à Marseille en 1943. Cette année là, a Wehrmacht a envahi la zone libre, le vieux port vient d'être dynamité. Le père est prisonnier, Georges est envoyé chez un oncle dans le Lot-et-Garonne.Au sortir de la guerre, la famille s'installe à Grenoble, le père souhaite y créer une agence d'assurance. Cependant, un jour d'été 1950 le père quitte le foyer familial. Georges se sent abandonné, blessé.Le bac en poche, Georges opte pour le journalisme, il fait donc des études de sciences politiques à Grenoble. Mais il est plus intéressé par la lecture de l'Équipe que celle du Monde...Georges Chelon ne fera qu'un semestre à Sciences-Po.

Georges Chelon découvre la guitare

Puis lors de vacances en Espagne Georges Chelon découvre la guitare. Ne connaissant pas la musique, il apprend avec les tableaux d'accords de la méthode Paul Beuscher. De même toujours en autodidacte il se met à composer et écrire des chansons. Chansons toutes simples et naïves qu'apprécient ses amis et proches.

C'est alors qu'en 1964, il gagne un radio-crochet organisé par Radio Monte-Carlo & Pathé-Marconi, en interprétant deux de ses textes. René Vanneste, directeur artistique de Pathé-Marconi est présent, ce que fait Georges lui plaît et ce que fait Georges lui plaît et le courant passe entre les deux hommes.

Le succès vient avec la chanson "Père prodigue".

En pleine période yéyé, René Vanneste qui cherche un second souffle pour Pathé Marconi engage Georges Chelon. Il lui fait enregistrer un 45 tours en février 1965. Le disque est plutôt bien accueilli, surtout en radio. Le producteur décide d'embrayer immédiatement, chose très rare à l'époque, sur un album 33 tours qui reçoit le Prix de l'Académie Charles Cros.Le succès vient avec la chanson "Père prodigue". Georges enchaîne alors les premières parties d'artiste en vogue : Alain Barrière, Salvatore Adamo. Georges Chelon se place à contre-courant de la chanson de variété de l'époque. Cependant la qualité de ses textes qu'il met lui-même en musique conquiert le public.Finalement en 1968 paraît son troisième album studio " Tu sais ".

Pour aller plus loin : lire le bel article qui lui est consacré dans le numéro 35 (printemps 2025) de l'excellente revue Hexagone

Chansons de la 2ème partie : La jeunesse en 1968 : Georges Chelon

17:42 Georges Chelon               : 22, rue des carrières "le nid d'amour" : Georges Chelon : 196820:52 Georgette Lemaire                          : On dégringole                          : Jean-Pierre Ferland : 196823:16 Jacques Higelin, Brigitte Fontaine : Cet enfant que je t'avais fait : Brigitte Fontaine - Jacques Higelin : 196827:41 Bernard Haillant                              : Pour l'oiseau                            : Bernard Haillant :1968

 

Biographie de Jean-Max Brua

Jean-Max Brua, chantauteur français, naît à Paris en 1938. Il hante les cabarets parisiens dans les années 1965 à 1975. Militant communiste et grand connaisseur du folk étasunien, il chante de sa belle voix grave. Puis il retourne à son métier d'ébéniste.

Jean-Max Brua chanteur totalement occulté par les médias

Chanteur totalement occulté par les médias, on ne trouve pratiquement rien à son sujet sur la toile ou dans la presse spécialisée. Seule la revue "Paroles et musique" lui a consacré un "Et pourtant ils chantent !" de trois pages dans le numéro 29 d'avril 1983. Merci à Bernard Keryhuel dont je vais m'inspirer de la prose pour écrire cet article.De même son décès sera annoncé dans un "En bref" de Chorus dans leur numéro 28 de l'été 1999.Cet assourdissant silence ne gêne pas Jean-Max Brua. Il poursuit inlassablement son travail de créateur solitaire. Installé dans la quiétude d'une fermette du Périgord, intégré à la vie du village (Il s'occupe même de l'équipe de football), il partage les préoccupations journalières d'une réalité parfois âpre à vivre. Patiemment, il engrange ses anecdotes, des instants furtifs qui, un jour ou l'autre, finissent par ressortir transposés en chansons racées.En réalité, son but dit-il c'est de :

"donner une œuvre qui puisse pénétrer dans l'univers des gens, arriver dans leurs têtes, se connecter à leurs sensibilités mais aussi colorer leurs vies".

La bande des cinq

Jean-Max Brua a fait partie de la bande des cinq : Jacques Bertin, Jean-Max Brua, Gilles Elbaz, Jean-Luc Juvin & Jean Vasca. Bande que Jacques Bertin définit ainsi :

« ce n’était pas une forteresse, ni une Équipe de France, ni une académie. Une bande, ça s’évase, ça déborde, ça fuit de partout ! Chacun d’entre nous avait d’autres amis, d’autres compagnonnages (…) Il y avait d’autres bandes juste à côté. Mais voilà, c’était lui, c’était moi, c’étaient eux, c’était le hasard, c’était comme ça, c’était notre bande. »

Une bande qui se structure et se "théorise" à Tharaud dans le Gard les 10 et 11 août 1976 puis du 24 au 27 juillet 1977, lors d'un "symposium (partie séminaire, partie rigolade). En ce début 2025, Jacques en est le dernier survivant.Jean Vasca pouer Jean-Max Brua :

"Ce qui touche dans tes chansons, c'est ta sincérité et cette volonté têtue et viscérale d'être toi-même, totalement, parmi les hommes; de témoigner de leur combats; d'y prendre part verbe au poing. C'est ton chemin, c'est à travers cette incarnation profonde que tu te trouves et te donnes dans la transparence d'une écriture qui avance. (…)En ces temps où les médias de tous poils hurlent à la mort (je veux dire cette tristesse, ce matraquage quotidien de l'intelligence et de la sensibilité), il nous appartient à nous de hurler à la vie. Alors, Jean-Max, continue, nom de dieu !"

En 1968 paraît le premier 45 tours de Jean-Max Brua "L'étranger"

 

Chansons de la 3ème partie : La jeunesse en 1968 : Jean-Max Brua

33:03 Henri Gougaud      : Viêt-Nam                                       : Henri Gougaud : 196835:43 Hélène Martin        : L'enfant mort                                 : Rose-Marie Moulin - Hélène Martin : 196837:57 Maurice Fanon      : Les orgues de monsieur Johnson : Maurice Fanon - Darzie : 196839:54 Jean-Max Brua      : Bateaux… Compagnies…            : Jean-Max Brua : 196842:54 Isabelle Aubret      : La jeunesse d'aujourd'hui             : Jacques Debronckart : 1968

Biographie de Dominique Grange

Dominique Grange, chantautrice et comédienne française, naît à Aix-les-Bains en 1940. Son père est chirurgien ophtalmologiste, sa mère membre d'association dans un centre social. Les grands-parents de Dominique sont musiciens amateurs et lui transmettent le goût de la musique. Ainsi, elle étudie le piano très tôt et dispose d'une guitare dès l'âge de 11 ans. Adolescente, elle découvre Guy Béart, Jacques Brel, Léo Ferré, le blues, le rock et le folklore sud-américain.Ensuite, en 1954, elle intègre le lycée. Sa prise de conscience politique se fait grâce à sa professeure de philosophie, alors membre du Parti communiste. D'ailleurs, bonne élève, elle obtient le bac en 1958 et part immédiatement pour Paris.En fin de compte, elle s'inscrit à l'École nationale d'interprète de traducteurs de la Sorbonne tout en suivant les cours de théâtre de Raymond Girard.

 Dominique Grange mène une carrière de chanteuse dans les cabarets rive gauche

En conséquence, dès 1961-1962, elle accède rapidement à une carrière multiple de comédienne. Parallèlement, Dominique Grange mène une carrière de chanteuse dans les cabarets rive gauche dans un répertoire de variété bien ficelée. En pleine période yéyé elle fait paraitre trois 45 tours chez "Bel Air". Guy Béart la repère et enregistre la chanson "Le trou dans le seau" en duo avec elle dans son 45 tours "Allô tu m'entends" en 1965. Puis ce dernier l'engage comme collaboratrice pour son émission tv "Bienvenue chez Guy Béart". La réussite de cette émission tiendra beaucoup à la faconde de Béart mais aussi au charme de la belle Dominique Grange.En 1967, elle enregistre son 4ème 45 tours chez Temporel, la nouvelle maison de disque de Guy Béart.

Dominique Grange en Mai 1968

Le mouvement étudiant de révolte et les grèves ouvrières de mai-juin 1968 enthousiasment Dominique Grange et font basculer sa vie.. Elle met fin au contrat avec Guy Béart, arrête sa carrière de chanteuse. D'ailleurs elle fait partie du comité de grève avec Évariste, Pia Colombo, Maurice Fanon, Francesca Solleville, Colette Magny & les Barricadiers. En outre elle participe au CRAC (Comité Révolutionnaire d'Action Culturelle) à la Sorbonne. D'esprit libertaire, elle prend contact avec la Fédération Anarchiste (FA). Des militants de la FA lui expliquent alors, que ce mouvement des étudiants n'était qu'un mouvement "petit bourgeois". En parfait désaccord avec cette analyse, elle tourne le dos à la FA.Peu après la fin du mouvement, Dominique Grange enregistre sur 45 tours autogéré des chansons écrites en mai et juin 1968. Ce 45 tours était vendu 3 francs au profit des grévistes et des comités d'action.

Chansons de la 4ème partie : La jeunesse en 1968 : Dominique Grange

47:36 Jacques Dutronc    : Il est cinq heures, Paris s'éveille : Jacques Lanzmann, Anne Ségalen - Jacques Dutronc : 196850:18 Evariste                  : La révolution                                : Evariste (Joël Sternheimer) : 196852:27 Claude Nougaro     : Paris Mai                                     : Claude Nougaro - Traditionnel, arrgt Ed. Louiss : 196857:48 Dominique Grange : Chacun de vous est concerné    : Dominique Grange : 1968

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