C.d.H.#54 1975 Année internationale de la Femme : Anne Sylvestre - Jean Sommer - Claude Antonini - Pia Colombo

Episode 54 July 27, 2026 00:59:59
C.d.H.#54 1975 Année internationale de la Femme : Anne Sylvestre - Jean Sommer - Claude Antonini - Pia Colombo
Le chant de l'histoire
C.d.H.#54 1975 Année internationale de la Femme : Anne Sylvestre - Jean Sommer - Claude Antonini - Pia Colombo

Jul 27 2026 | 00:59:59

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Show Notes

C.d.H.#54 1975 Année internationale de la Femme : Anne Sylvestre - Jean Sommer - Claude Antonini - Pia Colombo

1975 Année internationale de la femme : Contexte historique

Se développant dans différents pays du monde occidental à partir de la fin des années 1960, le mouvement des femmes fait l'objet d'une reconnaissance internationale. 1975 est déclaré « Année internationale de la femme » par l'ONU qui organise, à Mexico, la première conférence pour les femmes. Son bilan est très mitigé, mais Gisèle Halimi, avocate et grande figure des combats pour les femmes tempérait :

« C'est excellent comme démarche psychologique. [Au cours de cette année,] les femmes savaient qu'elles existaient en tant que telles, qu'elles avaient des problèmes spécifiques. Et si l'année internationale de la femme n'avait servi qu'à cela, eh bien, je dirais "Bravo à l'Année internationale de la femme" ».

Néanmoins, en Islande, des représentantes de diverses associations et organisations de femmes décident de se saisir de l'occasion pour faire entendre leurs revendications. Elles décident d'une action de le 24 octobre, journée des Nations Unies, date anniversaire de l'entrée en vigueur de la Charte des Nations Unies.Le 24 octobre, ce sont 25 000 femmes qui se rassemblent dans la capitale, Reykjavik (11% de la population) tandis qu'une vingtaine de manifestations ont lieu ailleurs sur l'île. Ouvrières d'usines de poisson, institutrices et agricultrices, femmes au foyer et artistes, le mouvement est massif. Le New-York time relate :

« Les journaux ont fermé parce que les dactylos étaient des femmes, les théâtres ont fermés parce que les comédiennes ne travaillaient pas. Les banques sont restées ouvertes seulement parce que des cadres ont remplacé les guichetières. Avec leurs femmes naviguant dans la ville pour le rassemblement, beaucoup d'hommes d'affaires ont été obligés de prendre leurs enfants avec eux au travail… ».

Et les choses ont dû évoluer : l'Islande est maintenant en tête du classement des pays les plus égalitaires au monde !

[ sources : Fakir N° 123 ]

Nouvelle version du podcast : les titres maintenant sont directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

Biographie d'Anne Sylvestre (2ème partie) : 1975 Année internationale de la femme

Première partie de la biographie d'Anne Sylvestre

Création des Fabulettes par Anne Sylvestre

Anne Sylvestre devient maman d'une petite Alice en décembre 1960. Ainsi c'est tout naturellement qu'elle commence à fredonner des petites chansons pour son enfant. Elle se souvient :

« J'ai commencé à en écrire après la naissance de ma deuxième fille Philomène. Par plaisir, puisqu'elles venaient naturellement comme les autres chansons et aussi parce que des parents, des instituteurs me le demandaient. Et je n'ai aucune honte à le dire, lorsque je suis devenue ma propre productrice en 1973, ce sont les Fabulettes qui m'ont fait vivre ».

Mais, retour en 1963, alors que sa carrière semblait décoller, elle était passée, pendant des semaines, à l'Olympia en 62, avec succès. Au point que Coquatrix lui avait dit qu'elle pourrait discuter son cachet lorsqu'elle reviendrait. Hélas la déferlante yéyé arrive et lorsque Anne revient voir Coquatrix, il ne la reçoit pas. Anne retourne donc aux tournées des MJC et aux programmations du PCF.Elle enregistre un dernier 33 tours chez Philips, Berceuse pour moi, puis elle part chez Meys.. Anne se souvient des problèmes rencontrés lors du changement de maisons de disques :

« J'ai d'abord été neuf ans sous contrat chez Philips, puis trois ans dans une maison plus petite, chez Meys…J'ai eu des problèmes avec les deux ! Neuf ans chez Philips c'était trop long ! À la fin on ne s'entendait plus très bien, mais elle n'a pas voulu me laisser partir. Et il y a eu un procès quand j'ai sorti un disque ailleurs… Les contrats des producteurs sont léonins : l'artiste n'a aucun droit et tous les devoirs ! Et les contrats d'éditeurs qui y sont liés sont carrément du chantage. J'ai ainsi une quantité de chansons éditées ailleurs… Si je les enregistre, ces éditeurs toucheront la moitié de mes droits d'auteurs. Or je n'ai pas les moyens de produire mes disques si je récupère mes droits, puisque je les remets dans la production.

J'ai décidé d'être productrice en 1973, après avoir eu tous ces problèmes et être restée plus de deux ans sans maison de disque… »

1973, un nouveau départ pour Anne Sylvestre

1973 voit un nouveau départ pour Anne Sylvestre :

« … un Sicilien fou, Salvatore Picciotto, m'a convaincue de remonter sur scène. Il a loué le Théâtre des Capucines pour y programmer de la chanson et m'a proposé d'y faire un récital. Je n'avais rien à perdre et ne pouvait d'ailleurs me permettre de perdre un sou. Mais il m'a rassurée : « Ça ne vous coûtera pas un centime et si l'on gagne de l'argent, on partagera ».[…] Je m'étais dit : on va voir si le public vient, si la presse se déplace. On a rempli pendant un mois, la presse et venue, et on a même gagné des sous ! ».

La presse en dira, par exemple :

« Anne suscite les sourires et l'émotion, se confie, pouffe, témoigne sur des sujets surgis du quotidien, et ouvre un espace au débat public, sur le droit des femmes à disposer de leur corps, avec une chanson très forte : « Non, tu n'as pas de nom ». Le public la [cette parole] reçoit  et la porte ».

Sa carrière est relancée, tournées et passages à Paris s'enchaînent : Théâtre des Champs-Élysées, Théâtre de la Renaissance, Théâtre Montparnasse…

[sources Paroles & musique N°30 - Chorus n° 24 - Je chante magazine n° 19 - Hexagone n°1 ]

Discographie d'Anne Sylvestre 1967 / 1975 (sans les compilations)

1967 Un 33 tours : N°5 Berceuse pour moi (Philips)1968 Un 33 tours : Mousse (Meys)1969 Un 33 tours : Aveu &          Deux 45 tours : Fabulette 1 & 2 (Meys)1970 Deux 45 tours : Voile blanche & Fabulettes 3 (Meys)1971 Un 33 tours : Abel, Caïn, mon fils (Meys)1972 Un 45 tours : Chansons pour… (Sylvestre)1973 Deux 45 tours : Mercredisque 1 & 2 (Sylvestre)1974 Un 33 tours : Les pierres de mon jardin &          Deux 45 tours : Mercredisque 3 & ABCDisque 1 (Sylvestre)1975 Un 45 tours : Mercredisque 4 &          Un 33 tours : Une sorcière comme les autres (Sylvestre)

Chansons de la 1ère partie : 1975 Année internationale de la femme : Une sorcière comme les autres

02:50 Brigitte Fontaine & Areski : La citrouille : Brigitte Fontaine; Areski Belkacem : 197506:52 Annkrist                                : Ma tête       : Annkrist : 197508:55 Anne Sylvestre                     : Une sorcière comme les autres : Anne Sylvestre : 1975

Anne Sylvestre Anne Sylvestre - Une sorcière comme les autres Jean Sommer - Je chante Jean Sommer - Je chante2

Biographie de Jean Sommer

Enfance et formation de Jean Sommer

Jean Sommer, chantauteur français naît en 1943. Son milieu familial, pauvre, inculte, surtout soucieux de sa sécurité matérielle ne le prédestine pas à une carrière artistique. Cependant c'est ce à quoi il rêve :

« Pour moi, c'était un bonheur de pouvoir devenir artiste, pour « mon monde » c'était un malheur… Cela implique que j'ai dû faire face à beaucoup de gêne, lutter contre de nombreux freins. Si tu n'as pas quelqu'un autour de toi qui, sans même t'encourager, au moins t'admet, c'est très très lourd à porter, une passion. Et encore plus lourd si tu n'as pas reçu les codes intellectuels te permettant de supporter l'hostilité ambiante. »

Cette passion irraisonnée pour la chanson date du jour où, lorsqu'il avait 16 ans, un cousin l'avait emmené pour la première fois dans un music-hall parisien. Il se souvient :

« J'ai été fasciné, et à partir de ce moment-là c'est devenu comme un besoin irrépressible. J'ai tout commencé au point zéro, sans connaissances littéraires ni musicales, ni philosophiques, sans rien quoi. […] J'ai dû me cacher en fin d'adolescence pour apprendre la musique à 19 ans. J'ai travaillé pour m'acheter ma première guitare, je me suis mis à lire.La première famille artistique que j'ai trouvée, c'était à Mouffetard il y a une dizaine d'années, avec des gens comme Jean-François Panet, Henri Dès et d'autres… »

Jean Sommer lit beaucoup mais écoute aussi la radio. Georges Brassens est l'un des seuls à l'émouvoir mais il aime aussi certaines chansons de Charles Aznavour et de Gilbert Bécaud, avant de découvrir Léo Ferré.

Débuts de la carrière artistique de Jean Sommer.

Jean Sommer commence à chanter dans le cabaret de Monique Morelli qui est un peu devenue sa mère en chanson. Cette dernière l'aide beaucoup et aussi le bouscule quand il le faut :

« Je chantais trois-quatre chansons quand j'arrivais au bout, parce que je m'engueulais souvent avec les gens. J'avais des problèmes de contact, je n'étais pas du tout sûr de moi. Je pouvais mal interpréter certaines attitudes et alors, comme j'étais teigneux, je me braquais et je sortais de scène ! »

Cependant, de cabarets en cabarets, de contacts en contacts, il finit par rencontrer Gérard Meys. Ce dernier lui permet d'enregistrer trois 45 tours. Ainsi, en 1968, le premier « Jardin de France » obtient le prix de l'Académie Charles Cros. Puis, en 1969, Jean Sommer effectue une grande tournée à travers la France avec Jean Ferrat. Ensuite, en 1970 il chante à Bobino, en première partie de Gilles Vigneault.

Jean Sommer seul-en-scène avec « Attention à ce type-là »

Finalement, en décembre 1971, il se décide à voler de ses propres ailes en créant un seul-en-scène « Attention à ce type-là »:

« Je construis ça depuis un an, dès que j'ai su que je pouvais avoir Mouffetard pour la fin de l'année.C'était un peu une gageure que de penser à un spectacle pour un homme seul avec sa guitare. Mais je pense qu'on peut y arriver en mettant bien en place les éléments dynamiques et les respirations, et puis en travaillant d'arrache-pied. Maintenant que c'est fini, je crois que les résultats, dans l'ensemble, sons bons ».

Malheureusement, ce spectacle qui est une fresque tour à tour drôle, tendre, caustique, sensible, qui va de la création du monde aux récentes manifestations de l'hégémonie étatsunienne n'a que très peu d'échos médiatiques. Néanmoins Lucien Nicolas en dira :

« Ceux qui n'ont pas vu Jean Sommer au Théâtre Mouffetard, du 19 novembre au 17 décembre [1971], n'auront certainement pas l'occasion de le regretter, puisque les échos qui leur en sont parvenus par la presse ont été minces, par la radio ou la télévision nuls. On ne pourra leur en vouloir. Par contre, ceux qui ont fait de la curiosité leur métier, et qui sont certainement animés par un amour impatient de la chanson, puisqu'ils ont choisi la noble tâche d'en tenir le public informé, ceux-là sont de la meilleure foi du monde responsables d'une grave faute professionnelle par abstention dont, au demeurant, personne ne leur demandera jamais compte… »

En 1975, il entre chez Philips où il enregistrera trois 33 tours. Le premier, Je chante, étant à nouveau récompensé par l'académie Charles Cros.

[ Source : Paroles et musique n° 15 ]

Discographie 1968 / 1978 de Jean Sommer

1968 Un 45 tours : Jardin de France (Meys)1969 Un 45 tours : Printemps (Meys)1970 Un 45 tours : Noël (Meys)1972 Un 45 tours : La nouvelle génération (Autoproduit)1973 Un 33 tours : Adieu la mer est belle (Mouloudji)1975 Un 33 tours : Je chante (Philips)1976 Un 33 tours : Homme des villes (Philips)1977 Un 33 tours : Le blues du chien (Philips)1978 Un 45 tours : Farandole (Philips)

 

Chansons de la 2ème partie : 1975 Année internationale de la femme : Moi pour ne pas mourir

19:22 Jean Sommer         : Moi pour ne pas mourir   : Jean Sommer : 197522:47 Pauline Julien         : Litanie des gens gentils    : Pauline Julien - Richard Grégoire : 197526:33 Denis Wetterwald : Le cul entre deux chaises : Denis Wetterwald : 1975

Biographie de Claude Antonini

Jeunesse et formation de Claude Antonini

Claude Antonini, chantautrice française naît à Belfort en 1946. Elle se souvient de sa jeunesse :

« De ma jeunesse en Lorraine, j'ai surtout conservé des images et des odeurs : celles de la bergamote et de la prune… Je me souviens également des chansons que j'écoutais en cachette sur le phono familial. De « Gare au gorille » par exemple… Plus tard, en Bretagne, je me suis rendu compte combien la chanson avait joué un rôle dans ma perception du monde. »

En Bretagne, Claude commence à chanter dans les petits lieux. Ces années d'apprentissage seront les bienvenues quand, installée à Paris dans le quartier Montparnasse, elle ira frapper aux cabarets de la rive gauche.

Elle est sélectionnée pour la Fine Fleur de la chanson française de Luc Bérimont.En 1972, elle obtient une maîtrise d'histoire de l'art tout en effectuant une tournée en Belgique puis en Allemagne, en Suisse et en Algérie.

Rencontre du poète breton Paol Keineg

Cependant, c'est à Paris qu'elle rencontre le poète breton Paol Keineg. Séduite par son « côté rimbaldien », elle met en musique plusieurs de ses poèmes et lui consacre son premier album 33 tours en 1975 :

« En réalité, une simple bande de travail que la maison Alvarez acceptera d'éditer suite à des démêlés personnels avec un producteur malhonnête. Heureusement mon jeu de guitare initial fut enrichi sur le disque grâce à la participation de Jean-François Gaël… ».

Serge Dillaz, de la revue Chorus, en dira :

« À réécouter cet album - empreint d'une touchante sincérité - on comprend mieux l'osmose entre le poète et la chanteuse; et le coup de foudre poétique qui, sous peu, va embraser le cœur partisan de Claude Antonini.« Je veux repousser l'étroitesse du temps » ou « Nous nous préparons à l'avènement d'une parole de silex » prennent valeur de symbole pour celle qui, désormais, va consacrer ses multiples activités à la défense et au rayonnement d'une poésie libératrice… ».

Dire, mettre en musique et chanter les poètes qui, partout dans le monde, se sont levés pour témoigner « contre les réducteurs de têtes non conformes, contre l'architecture de toutes les prisons subtiles ou non, et toutes les entreprises pourvoyeuses de la détresse », tel est le souci essentiel de Claude Antonini, qui va sur les chemins de la chanson vivante.

Discographie vinyle de Claude Antonini

1975 Un 33 tours : Chante Paol Keineg (BAM / Alvarez)1977 Un 33 tours : Le cœur partisan (Alvarez)1981 Un 33 tours : Ma fille a mal tourné (Vendémiaire)1986 Un 33 tours : Cri-ratures (participation) (CRAC)

Chansons de la 3ème partie : 1975 Année internationale de la femme : Je revois les assemblées de femmes

31:37 Julos Beaucarne        : C'est le premier jour : Liliane Wouters - Julos Beaucarne : 197533:07 Claude Antonini        : Je revois les assemblées de femmes : Paol Keineg - Claude Antonini : 197535:44 Jacques Bertin           : Paroisse                     : Jacques Bertin : 197538:55 Zette                           : Hyde Park                   : Jacques Prévert - Sebastian Maroto: 197541:49 Francesca Solleville  : Le plus beau de moi : Henri Gougaud - Jean Ferrat : 1975

Claude Antonini Claude Antonini - chante Paol Keineg Pia Colombo Pia Colombo chante Ferré 75

Pia Colombo chante Léo Ferré 75

Par une lettre du 16 avril 1974 adressée à « Mon cher Eddie » Léo Ferré rompt avec Barclay. Le contrat non renouvelé l'empêche d'enregistrer pendant deux ans chez un autre éditeur comme interprète. De ce fait, Ferré fait paraître chez CBS un « Ferré muet… dirige Ravel et Ferré ». Et pour contourner l'interdiction contractuelle paraît l'album « Pia Colombo chante Ferré 75 ». Sur le verso duquel on peut lire :

« Pia… Pia… À l'école et à la messe, on me disait Pie Jesu. C'était une chanson triste. Pia… Pia… C'est la joie grave sous les cheveux rouges et puis cette voix de là-bas… Mais où ça ? Allez-y donc voir…Cette voix qu'elle me prête, Pia, pour chanter mes chansons de 1975… Dans un disque où je l'accompagne.C'est tout.Une autre fois, je te dirai comment, passant des merveilles devant la boutique de la Musique, une autre fois, je te dirai pourquoi je ne puis chanter, cette année, mes chansons nouvelles.On voulait me mettre à genoux, et moi, à genoux, je m'y mets lorsque je veux bien.La décence, c'est la première limite de l'indulgence… Alors admettons que je sois indulgent.Pia, les canailles nous regardent, mais elles ne nous entendront pas, ni toi… ni moi. C'est bien le moins que nous leur devons.Achète ce disque, passant, achète ce disque, parce que cette voix c'est la mienne, cette année.Merci Pia ! »

 

Chansons de la 4ème partie : 1975 Année internationale de la femme : Love

47:38 Claude Nougaro  : Lettre ouverte de Julos Beaucarne : Julos Beaucarne - Vandershueren : 197549:39 Pia Colombo        : Love                                                      : Léo Ferré : 1975

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