Gérard Béziat alias Jehan Jonas, chantauteur français, naît à Levallois-Perret en 1944. Son père, Jacques, parisien est vendeur dans un magasin de tissus, sa mère Andrée Bataille normande est secrétaire. Ils habitent un petit appartement sur cour intérieure, peu lumineux et passablement humide. C’est ainsi que Gérard héritera d’une bronchite chronique . Environ deux ans après la guerre, la jeune femme quitte le papa, à qui l’enfant est confié.
En 1958, à 14 ans il est orienté comme ajusteur-électricien au Centre d’apprentissage de la SNCF. Ses premiers textes datent de cette époque.
Ainsi, à l’été de ses 18 ans, en 1962, Jehan part sur la route, chante Léo Ferré, s’essaie dans ses premiers textes et fait la manche le long des côtes bretonnes. Le temps de l’apprentissage et de l’ouverture du regard.
Mais, en 1963, il part faire son service militaire, au début il vit cela comme un moment de restauration de lui-même, presque des vacances. Il utilise les longues plages d’inactivité de consigné pour pratiquer sa guitare écrire chansons et poèmes. En outre, il bénéficie de la bienveillante tolérance d’un gradé qui l’autorise à disposer de ses nuits pour aller chanter et gagner quelques sous.
Début de la carrière de Jehan Jonas
En mai 1964, libéré du service militaire, il court les cabarets. « La Contrescarpe » sera l’un des premiers à l’accueillir. Il y rencontre et tisse des liens avec habitués et artistes.
D’ailleurs, en 1965, Jehan passe son examen d’auteur devant la Sacem mais en juillet il se retrouve sans travail, Guy Béart le recommande à Suzy Solidor à Cagnes-sur-mer. Celle-ci ne peut l’inclure dans son programme qui est bouclé mais l’envoie chez Georges Ulmer qui le retient. Georges Ulmer enregistrera une chanson de Jehan « La couleur du papier ». La fin de la saison estivale le ramène à Paris « Chez Georges » puis à « La Contrescarpe.
À la fin de l’année 1965, les événement et promesses se multiplient : il court de cabaret en cabaret, participe au gala du « Monde Libertaire » en première partie de Léo Ferré.
L’étincelle eut pour nom Marcel Rothel qui le présentera à Marcelle Legrand (mère de Michel Legrand), responsable des Editions du même nom, elle sera son éditrice accueillante, chaleureuse et rassurante.
Autre rencontre décisive : Jean Bourbon, directeur artistique qui accepte de s’occuper de lui. Celui-ci va le présenter à Lucien Morisse, directeur de la programmation d’Europe N°1.
Magie ! le courant passe : Lucien est séduit par la veine riche, tumultueuse et passionnée de Jehan. Il aime son panache, le courage de ses idées et la tendresse fragile de sa poésie. De plus, il est indulgent avec les provocations de son protégé.
Finalement, en 1966 Jehan enregistre un premier album 33 tours « Comme dirait Zazie »
Suite de la biographie de Jehan Jonas