Georges Brassens – Hervé Brousseau – Francesca Solleville – Juliette Gréco
Biographie de Francesca Solleville (1ère partie)
Francesca Solleville, chanteuse française naît à Périgueux (Dordogne) en 1932. Son père, Pierre Solleville, gascon, est issu d’une famille de notables conservateurs. Sa mère, Lidia Campolonghi, pianiste italienne était la fille de Luigi Campolonghi, antifasciste et animateur de la Ligue des droits de l’Homme. Cependant , en 1922, la marche sur Rome des chemises noires et l’instauration du fascisme provoquent l’exil de la famille.
Francesca garde des premières années passées avec sa mère le souvenir du bonheur. Le père se révèle être un bel escroc, sympathique, drôle et volage. La maman tente de divorcer mais Francesca est arrachée à sa mère par décision de justice. Francesca est alors casée chez les grands-parents Solleville où vivait déjà sa grande sœur. Le grand-père paternel, avocat affiche ouvertement des positions collaborationnistes. Il dénoncera sa belle-fille, mère de Francesca, pour son action dans la résistance. Ses deux petites-filles sont placées à la Pension Saint Jeanne d’Arc, aux mains :
« d’une mère supérieure, flasque et méchante, qui parcourant d’un œil gris assassin notre petit groupe, nous faisait hurler « Maréchal nous voilà ! » »
Les deux sœurs Solleville sont représentantes du diable
Pourtant, Marie-Claire, l’aînée était la seule à ne pas la craindre. Les deux sœurs Solleville sont, pour toutes les religieuses, les représentantes du diable sur terre, du fait de leur ascendance maternelle.
Marie-Claire, par goût du changement avait décidé ses camarades de classe à prier d’autres dieux. Juchée sur son bureau, elle clamait « ce matin pour Jupiter, ce soir pour Junon, demain sur Vénus » Coupable de répandre des ferments d’athéisme, elle a été mise à la porte et… Francesca dut la suivre.
Pendant ce temps, Lidia, la maman survit en donnant des cours d’italien et de piano. Francesca a le droit de lui rendre visite le jeudi et le dimanche après-midi. Ainsi, elle se familiarise avec Bach, Schubert, Schumann et Monteverdi.
Après la Libération, cela fera bien rire Lidia de voir sa fille gagner les radio crochets en interprétant « Mon légionnaire ». Francesca échange alors le premier prix qui consistait en six petits verres en argent contre le deuxième : un sac de 25 kilos de pommes de terre.
Francesca et sa mère partent pour Paris
Lidia, la mère de Francesca, ayant trouvé du travail à l’ambassade d’Italie à Paris, elle y partent toutes les deux. Francesca poursuit sa scolarité et, parallèlement, suit les cours de chant classique chez la grande cantatrice Mary Freund. La professeure et l’élève sympathise.
Francesca obtient des bourses pour aller chanter à Venise et Salzbourg. De plus, choriste professionnelle, elle participe au Chœur de Radio France mais aussi dans les studios Barclay « pour, avec les Barclay’s Girls, être mise à la sauce de toutes les horreurs de la « variétoche » ».
Les portes des hôtels particuliers, des salons, s’ouvrent grâce à Mary Freund. Francesca est heureuse parce qu’il s’agit de belle musique. Cependant, le public très bourgeois, très élitiste ne lui plaît pas du tout.
En fait, Francesca n’aime alors pas la chanson diffusée à la radio jusqu’au jour où un camarade de faculté lui prête un disque de Germaine Montero. Le texte de « La chanson de Margaret » de Pierre Mac Orlan l’éblouit par sa qualité. Elle gagne le concours « Numéros un de demain » sur la scène de l’Olympia avec la seule chanson qu’elle connaissait, La chanson de Margaret.
Le tournant de la carrière de Francesca
Le tournant de la carrière de Francesca a lieu en 1959. Elle a l’occasion de faire connaissance de Philippe-Gérard qui met en musique les chansons de Mac Orlan pour Montero. Or, ce dernier cherche désespérément un chanteuse de variété capable de chanter deux textes d’Aragon qu’il venait de mettre en musique. Aragon devait présenter « La Semaine sainte » à la mutualité et Léo Ferré créer ses chansons, les fameux Aragon-Ferré très attendus. Francesca, devant une salle comble, chante alors « La rose du premier de l’an » et « Un homme passe sous la fenêtre et chante« . Le succès est immense, les applaudissements si prolongés qu’il a fallu éteindre les lumière de la salle et de la scène pour les interrompre. Le lendemain Francesca a rendez-vous chez Léo Ferré qui lui confie une quinzaine de partitions sur des textes de Luc Bérimont, Pierre Seghers, deux de ses chansons et tous les Aragon.
Début de la carrière discographique de Francesca Solleville
Enfin, par l’intermédiaire de Jacques Douai, Francesca à l’occasion de passer une audition devant Albert et Odile Levy-Alvarez, fondateur de l’étiquette BAM. Séance tenante, ils décident de lui faire enregistrer un 45 tours avec Philippe-Gérard au piano.
Après quatre 45 tours enregistrés entre 1959 et 1961, paraît, en 1962, le premier album 25cm de Francesca Solleville « Récital ».
( source : livre « A piena voce » de Marc Legras et Francesca Solleville et « Le Maitron »)
Suite de la biographie de Francesca Solleville
Chansons de la 3ème partie : La Révolution tranquille au Québec : Rêve et conquête
31:13 Georges Brassens : Les trompettes de la renommée : Georges Brassens : 1962
36:17 Hervé Brousseau : Rêve et conquête : Hervé Brousseau : 1962
38:37 Francesca Solleville : Vingt ans : Léo Ferré : 1962
40:46 Juliette Gréco : Les petits cartons : Bernard Dimey – Francis Lai : 1962