Biographie de Jean Sommer
Enfance et formation de Jean Sommer
Jean Sommer, chantauteur français naît en 1943. Son milieu familial, pauvre, inculte, surtout soucieux de sa sécurité matérielle ne le prédestine pas à une carrière artistique. Cependant c’est ce à quoi il rêve :
« Pour moi, c’était un bonheur de pouvoir devenir artiste, pour « mon monde » c’était un malheur… Cela implique que j’ai dû faire face à beaucoup de gêne, lutter contre de nombreux freins. Si tu n’as pas quelqu’un autour de toi qui, sans même t’encourager, au moins t’admet, c’est très très lourd à porter, une passion. Et encore plus lourd si tu n’as pas reçu les codes intellectuels te permettant de supporter l’hostilité ambiante. »
Cette passion irraisonnée pour la chanson date du jour où, lorsqu’il avait 16 ans, un cousin l’avait emmené pour la première fois dans un music-hall parisien. Il se souvient :
« J’ai été fasciné, et à partir de ce moment-là c’est devenu comme un besoin irrépressible. J’ai tout commencé au point zéro, sans connaissances littéraires ni musicales, ni philosophiques, sans rien quoi. […]
J’ai dû me cacher en fin d’adolescence pour apprendre la musique à 19 ans. J’ai travaillé pour m’acheter ma première guitare, je me suis mis à lire.
La première famille artistique que j’ai trouvée, c’était à Mouffetard il y a une dizaine d’années, avec des gens comme Jean-François Panet, Henri Dès et d’autres… »
Jean Sommer lit beaucoup mais écoute aussi la radio. Georges Brassens est l’un des seuls à l’émouvoir mais il aime aussi certaines chansons de Charles Aznavour et de Gilbert Bécaud, avant de découvrir Léo Ferré.
Débuts de la carrière artistique de Jean Sommer.
Jean Sommer commence à chanter dans le cabaret de Monique Morelli qui est un peu devenue sa mère en chanson. Cette dernière l’aide beaucoup et aussi le bouscule quand il le faut :
« Je chantais trois-quatre chansons quand j’arrivais au bout, parce que je m’engueulais souvent avec les gens. J’avais des problèmes de contact, je n’étais pas du tout sûr de moi. Je pouvais mal interpréter certaines attitudes et alors, comme j’étais teigneux, je me braquais et je sortais de scène ! »
Cependant, de cabarets en cabarets, de contacts en contacts, il finit par rencontrer Gérard Meys. Ce dernier lui permet d’enregistrer trois 45 tours. Ainsi, en 1968, le premier « Jardin de France » obtient le prix de l’Académie Charles Cros.
Puis, en 1969, Jean Sommer effectue une grande tournée à travers la France avec Jean Ferrat. Ensuite, en 1970 il chante à Bobino, en première partie de Gilles Vigneault.
Jean Sommer seul-en-scène avec « Attention à ce type-là »
Finalement, en décembre 1971, il se décide à voler de ses propres ailes en créant un seul-en-scène « Attention à ce type-là »:
« Je construis ça depuis un an, dès que j’ai su que je pouvais avoir Mouffetard pour la fin de l’année.
C’était un peu une gageure que de penser à un spectacle pour un homme seul avec sa guitare. Mais je pense qu’on peut y arriver en mettant bien en place les éléments dynamiques et les respirations, et puis en travaillant d’arrache-pied. Maintenant que c’est fini, je crois que les résultats, dans l’ensemble, sons bons ».
Malheureusement, ce spectacle qui est une fresque tour à tour drôle, tendre, caustique, sensible, qui va de la création du monde aux récentes manifestations de l’hégémonie étatsunienne n’a que très peu d’échos médiatiques.
Néanmoins Lucien Nicolas en dira :
« Ceux qui n’ont pas vu Jean Sommer au Théâtre Mouffetard, du 19 novembre au 17 décembre [1971], n’auront certainement pas l’occasion de le regretter, puisque les échos qui leur en sont parvenus par la presse ont été minces, par la radio ou la télévision nuls.
On ne pourra leur en vouloir. Par contre, ceux qui ont fait de la curiosité leur métier, et qui sont certainement animés par un amour impatient de la chanson, puisqu’ils ont choisi la noble tâche d’en tenir le public informé, ceux-là sont de la meilleure foi du monde responsables d’une grave faute professionnelle par abstention dont, au demeurant, personne ne leur demandera jamais compte… »
En 1975, il entre chez Philips où il enregistrera trois 33 tours. Le premier, Je chante, étant à nouveau récompensé par l’académie Charles Cros.
[ Source : Paroles et musique n° 15 ]
Discographie 1968 / 1978 de Jean Sommer
1968 Un 45 tours : Jardin de France (Meys)
1969 Un 45 tours : Printemps (Meys)
1970 Un 45 tours : Noël (Meys)
1972 Un 45 tours : La nouvelle génération (Autoproduit)
1973 Un 33 tours : Adieu la mer est belle (Mouloudji)
1975 Un 33 tours : Je chante (Philips)
1976 Un 33 tours : Homme des villes (Philips)
1977 Un 33 tours : Le blues du chien (Philips)
1978 Un 45 tours : Farandole (Philips)
Chansons de la 2ème partie : 1975 Année internationale de la femme : Moi pour ne pas mourir
19:22 Jean Sommer : Moi pour ne pas mourir : Jean Sommer : 1975
22:47 Pauline Julien : Litanie des gens gentils : Pauline Julien – Richard Grégoire : 1975
26:33 Denis Wetterwald : Le cul entre deux chaises : Denis Wetterwald : 1975