Biographie de Jacques Debronckart (2ème partie)
Première partie de la biographie de Jacques Debronckart.
Le premier album de Jacques Debronckart ignoré (censuré) par les médias
En 1967, la maison de disques Philips, qui n’attend de Jacques Debronckart que des titres comme « Adélaïde », refuse de publier ses nouvelles chansons. Le divorce a lieu après la publication de son 45 tours « Ils arrivent ».
La prestigieuse étiquette BAM accueille alors Debronckart. L’album « Toi qui nais cette année » ne tarde pas à paraître. Onze chansons, la plupart refusées par Philips, figurent sur ce premier album.
L’artiste peut enfin libérer sa véritable personnalité.
Effectivement, dans celui-ci, les titres « La triste chanson » et surtout « Mutins de 1917 » sont un réquisitoire impitoyable contre les vicissitudes de l’armée. Tandis que dans « La religion » il dénonce le musellement des corps et des esprits par toute forme d’endoctrinement.
Mais cette attaque du sabre et du goupillon lui vaudra une totale occultation médiatique de ce magnifique premier album.
De fait, en l’absence d’exposition médiatique, Jacques Debronckart est réduit à continuer à fréquenter les petits lieux. Du moins, ceux qui ont pu échapper aux secousses économiques.
Néanmoins, les interprètes de qualité sollicitent Debronckart comme auteur ou compositeur. Par exemple, entre 1967 & 1968, Isabelle Aubret enregistre 7 chansons dont il est l’auteur et/ou le compositeur. Eva, France Valmore et Francesca Solleville en enregistrent chacune deux dans la même période.
Le succès avec le deuxième album « J’suis heureux »
En décembre 1969 paraît le deuxième album « J’suis heureux » » chez CBS. Il est postfacé par ses amis François Deguelt et Jean-Pierre Mottier :
« Jacques Debronckart a choisi la voie la plus difficile : celle de la qualité.
C’est un garçon aux cheveux longs, mince, aux gestes précis, au visage un peu pâle mais où des yeux sombres laissent augurer d’une intelligence créatrice sans limite.
Et puis Jacques Debronckart chante, s’anime et c’est alors que le contraste éclate. De cette silhouette romantique et distinguée, de cette bouche ironique, sortent des mots merveilleux, des musiques belles qui, se mêlant à ravir, font naître : les regrets, l’espoir, l’amour, la vie […]
En écoutant les dernières chansons de Jacques Debronckart, nous avons eu l’impression très précise, très profonde que depuis Jacques Brel, il ne s’était rien passé d’important.
Voilà du nouveau, du beau.
Suis ton chemin Jacques, tu verras la route sera belle. »
Ce 30 cm contient un nouveau tube « J’suis heureux », portrait incisif d’un cadre satisfait, charge contre la société de consommation qui s’installe. Ce disque où se mêlent l’ironie, la tendresse, l’enthousiasme et la révolte sera récompensé du Grand prix de L’Académie du Disque Français.
Les directeurs artistiques de CBS, sa maison de disque avaient misé sur « La liberté » et « Mais si, mais si, je t’aime » pour le 45 tours de promotion. Jacques, lui, est le seul à croire en « J’suis heureux ». Heureusement les programmateurs sont du même avis et la diffusent :
« Si la chanson a marché, c’est uniquement grâce aux programmateurs qui l’ont aimée. Tout le monde a passé cette chanson-là. J’avais un mal fou à en faire passer une autre »
Porté par ce succès, Debronckart revient à Bobino au printemps 1970 en première partie de Marie Laforêt. C’est un triomphe auprès du public et des critiques. André Ransan, de l’Aurore, en dira :
« Ce n’est pas une révélation, c’est une consécration, et de quel éclat ! Voilà un chanteur et un poète d’une exceptionnelle qualité. Il a tout : une forte présence, un abattage extraordinaire, une voix puissante, une diction parfaite […]
Il sait être tour à tour tendre ou incisif, toujours divers, pittoresque, original, intelligent. Je suis surpris qu’un tel artiste ne soit pas encore « tête d’affiche ». Le public lui fit un triomphe mérité, et Debronckart est vraiment ici la vedette du spectacle »
Ce succès n’émeut pas CBS qui ne va concéder à publier qu’un 45 tours 2 titres en 1971.
« Je vis », troisième album de Jacques Debronckart
Néanmoins en 1973 paraît « Je vis » le troisième album de Jacques Debronckart, arrangé par François Rauber, le compagnon de route de Jacques Brel. Encore un album important, photographie de la France pompidolienne, de ses mœurs politiques ( « Mon cher député » ), de son affairisme débridé ( « J’achète » ), de la pollution ( « Complainte du PDG » ). À côté des chansons satiriques voisinent des chansons personnelles, poignantes : (« Ecoutez, vous n’m’écoutez pas » ) , ( « Regarde » ).
En bref encore une belle collection de joyaux.
Le contact avec le public lui est indispensable. Debronckart aime sentir les ondes qui parcourent les petites salles. Profondément humaniste, il a participé à plusieurs galas libertaires. Le 24 juin 1973, il chante à un gala de la Solidarité Internationale Antifasciste en compagnie de Jehan Jonas à la salle des fêtes de Thiais au profit de la veuve et des enfants du musicien Hector Perez.
[ sources : Je Chante ! n° 26 – Chorus n° 39 ]
Chansons de la 1ère partie : Vivre en 1973
02:53 André Georgian : Vivre en 73 : André Georgian : 1973
07:41 Pauline Julien : Lettre de Ti-Cul Lachance à son premier sous-ministre : Gilles Vigneault – Gilles Vigneault, Gaston Rochon : 1973
12:11 Jacques Debronckart : J’achète : Jacques Debronckart : 1973