Biographie de Jean-Roger Caussimon (1ère partie)
Enfance et formation de Jean-Roger Caussimon
Jean-Roger Caussimon, acteur et chantauteur français naît à Montrouge en 1918. Son père, Jean, est médecin, sa mère, Yvonne, comptable. La guerre terminée, la famille déménage rapidement à Bordeaux.
C’est sa maman qui, plus tard, donnera à Jean-Roger le goût de la lecture et peut-être aussi celui de l’écriture, écrivant elle-même depuis l’adolescence.
Mais à Bordeaux, la famille connaît quelques années d’une existence précaire, liée à la condition de son père, tout jeune médecin à la clientèle populaire et incertaine :
« À sept ans, ai-je connu la misère ou simplement la pauvreté ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je ne me suis aperçu de rien.
J’étais tellement habillé d’amour, cajolé, bercé par ma mère !
Nous vivions, mes parents et moi, dans un immense et croulant hôtel particulier […] Tous les locataires de cette bâtisse vétuste étaient de petites gens. Leur adresse n’en était pas moins : place de la monnaie, Bordeaux. […]
L’appartement était, dans son genre , assez pittoresque.
Ma chambre n’avait qu’un vasistas qui s’ouvrait sur le palier. Mes parents avaient leur lit dans une pièce attenante. Une cheminée avec son petit brasier de coke. Une fenêtre basse donnant sur la cour. Un corridor glacial, où passaient les voisins, nous séparait de la cuisine curieusement haute de plafond mais sans fenêtre. »
Ainsi, cet environnement insalubre et ces conditions difficiles et peu propices à la santé poussent les Caussimon à envoyer Jean-Roger se « remplumer » à la campagne. Mais auparavant il avait eu un choc émotionnel qui va orienter son existence. En effet, chaque vendredi soir, sa grand-mère maternelle amène Jean-Roger au théâtre :
« J’avais huit ans lorsque je vis jouer Ruy Blas à Bordeaux avec Albert Lambert. Ce fut une révélation. J’appris la pièce par cœur et je ne parlai plus qu’en vers. À dix ans, je pris des leçons de dictions. À dix-huit ans, j’étais élève du Conservatoire. […]
Après avoir emporté le premier prix de comédie, je jouais au Trianon […] des succès du Boulevard.
J’eus la chance de rencontrer Henri Bosc. Sur son conseil, je vins à Paris et j’entrai au Conservatoire. Juste à ce moment, la guerre éclata. Je fis comme les autres.
Au Stalag VI A, où je fis connaissance de Guy Rapp, nous organisâmes des représentations. »
Début de Jean-Roger Caussimon au Lapin Agile.
Enfin en décembre 1942, Jean-Roger Caussimon est rapatrié sanitaire, il pèse alors quarante-trois kilos. Il est alors accueilli par Yvonne Darle, sa tante et sa marraine, et par Paulo, patron du cabaret Le Lapin Agile. Apprenant que Jean-Roger écrit des poèmes, ces derniers le font passer immédiatement sur scène.
Sa prestation est fort applaudie, au point qu’il doive y donner régulièrement des récitals de poèmes et chansons qui seront bientôt réclamées aux Trois Baudets, à l’Écluse et Chez Gilles. De plus Jean-Roger reprend son métier de comédien.
En outre Jean-Roger Caussimon continue à écrire des chansons qui sont interprétées par Renée Jan, Maurice Chevalier, Léo Ferré, Catherine Sauvage, Les Frères Jacques, Marc et André, etc.
« Je suis comédien et c’est un métier que j’aime d’amour. Mais j’ai toujours ressenti une grande tendresse pour la chanson. Par bonheur, ce sont deux affections que j’ai pu lier avec harmonie, sans drame ni jalousie. Ma tendresse envers la chanson remonte à mon enfance, du temps où la radio s’appelait encore la Télégraphie Sans Fil. Mais c’est au Lapin Agile, à Montmartre, que j’ai vraiment appris tous les trésors de la chanson française. »
Mise en sommeil de l’activité « chanson » de Jean-Roger Caussimon
Mais dans les années cinquante et soixante, les deux activités d’auteur-interprète et de comédien de Jean-Roger Caussimon ont de plus en plus de mal à cohabiter. Celui-ci doit accorder une place croissante au théâtre et au cinéma.
La tournée des cabarets ne nourrit pas et les interprètes de ses chansons, aussi prestigieux soient-ils, ne génèrent pas suffisamment de droits pour lui permettrent de vivre de sa plume.
Son activité chansonnière va sommeiller ainsi une dizaine d’années, jusqu’en 1967, date à laquelle les éditions Seghers publient un recueil de ses textes. Un coup de chapeau, avec une préface passionnée de Léo Ferré qui le situe à sa vraie place, parmi les plus grands.
[ sources : La Double Vie, mémoires de J.R. Caussimon – Chorus n° 9 ]
Suite de la biographie
Dans cette 2ème partie seront diffusés :
16:18 Suzy Solidor : Nature Boy : Eden Ahbez, adapt. Louis Hennevé, Louis Palex : 1948
19:24 Jean-Roger Caussimon : Les frères naufragés : Jean-Roger Caussimon : 1948
22:32 Marcelle Bordas : Le « Va d’l’avant » : auteur inconnu : 1948
25:25 Pierre Brasseur : Marie Kerloch (texte) : Max Jacob : 1948
27:04 Les Quatre Barbus : Y avait dix marins : Jean-Roger Caussimon : 1948