Biographie de François Béranger (1ère partie) : Chansons de l’An 01
Enfance et scolarité de François Béranger
François Béranger, chantauteur français, naît à Amily (Loiret) en 1937 où vivent ses grands-parents maternels. Son père, André, est ouvrier-tourneur et militant syndicaliste à Renault-Billancourt, sa mère couturière à la maison.
André s’engage dans la Résistance durant le seconde guerre mondiale. En 1945, à la Libération, André adhère au MRP et sera élu de la Nièvre jusqu’en 1951 où pour éviter des alliances douteuses, il quitte la politique. Il entre alors à la direction générale chez Renault. Les usines ayant été nationalisées, à la suite des activités collaborationnistes de « P’tit Louis ».
Sa mère et sa grand-mère, couturières toutes les deux, chantent en travaillant. Son père a des activités au sein des Auberges de Jeunesse qui le conduisent à chanter et à faire chanter.
François est à bonne école chez lui mais en classe il suit une scolarité moyenne :
« Je m’étais installé confortablement dans une honorable moyenne, à égale distance du vedettariat des premiers et de la honte des cancres… »
François Béranger décide d’abandonner les études
Mais, en 1954 (il est alors en première) François Béranger décide d’abandonner les études pour entrer dans la vie active. François devient ouvrier chez Renault pour toucher au plus près le mythe prolétarien. En fait ce dernier vole rapidement en éclat :
« C’est insolite et original de travailler en usine et d’avoir fait du grec et du latin. Les prolos et fils de prolos n’y comprennent pas grand-chose : qu’est-ce que je fous là, alors que pour eux les lycées et universités sont un monde inaccessible ? Assez vite, je me rends compte qu’on ne se prolétarise pas comme ça. Et que la culture, l’enseignement reçus font une sacrée différence dans l’appréhension du quotidien… ».
De fait, il rejoint une troupe de théâtre amateur « La Roulotte » où il chante pour la première fois en s’accompagnant à la guitare. La Roulotte a un côté à la fois social, chrétien de gauche et vaguement scout. Un peu à la manière de la Franche Cordée où Jacques Brel fera ses premiers pas de chanteur.
En 1958, il est convoqué pour effectuer son service militaire, il passera 19 mois en Algérie et sera confronté à la réalité de la torture :
« Institutionnalisée. Omniprésente. Pratiquée systématiquement, à grande échelle. Jusque sur des enfants. C’est l’affaire des « spécialistes » mais tout le monde est au courant. Ceux qui sont contre ne la ramènent pas, par crainte des représailles. Beaucoup y sont favorables… »
François Béranger retourne à la vie civile
Enfin, à la fin de l’année 1960 François Béranger retourne à la vie civile et c’est difficile :
« Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je voudrais faire bonne figure mais je suis vidé. On a fait de moi une espèce de zombie qui ne sait plus jouir des bonnes choses. La réinsertion va être dure ! »
Il retourne à contrecœur à Renault-Billancourt, sans parvenir à s’intéresser à ce qu’il fait. On lui suggère d’aller voir ailleurs. Son beau-père, le comédien Olivier Hussenot le présente alors à des amis qui travaillent à la réalisation de courts métrages d’animation.
Cette expérience irremplaçable va durer quatre ans. François sera tour à tour régisseur, chef de production, réalisateur et producteur d’une émission de variété. Ensuite, il joint l’équipe de Caméra 3 (magazine d’info de la 2ème chaîne) puis de « Le Nouveau Dimanche » où sa façon non conventionnelle de traiter les sujets le pousse vers la sortie.
Enfin, en mai 1968 Béranger trouve que « ça baigne dans le bonheur : celui de la spontanéité délivrante, quand tous les blocages et les interdits semblent effacés…»
Tout en restant lucide. Il reprend sa guitare et enregistre cassette d’une douzaine de titres pour ses copains. Un de ceux-ci la fait écouter à Françoise Lô, directrice artistique chez CBS qui, aussitôt, propose à François de signer un contrat de cinq ans.
Tranche de vie, chanson en parfaite adéquation avec son temps va marquer son époque. Sous l’impulsion de Michel Lancelot et de son émission Campus la chanson est programmée régulièrement.
La carrière de François Béranger est sur de bons rails.
Pour les passionné.e.s : une autobiographie de François Béranger
2ème partie de la biographie de François Béranger
[ Sources : Chorus n°38 – Le Maitron]
Discographie 1969 / 1973 de François Béranger
Après le premier 45 tours « deux faces / une chanson (Tranche de vie) » en 1969 François Béranger fait paraitre en :
1970 Un album 33 tours : Une ville (CBS)
1971 Un album 33 tours : Ça doit être bien (CBS) (*)
1973 deux 45 tours : BOF L’an 11 + Tango de l’ennui (L’Escargot)
(*) L’album Ça doit être bien où il est accompagné par un groupe de musiciens expérimentaux états-uniens n’a pas été du goût de CBS. Les deux parties ont donc divorcé à l’amiable. CBS a sans doute aussi eu beaucoup de mal à avaler la chanson « Ma fleur » :
« … Vous n’aurez pas ma fleur
Celle qui me pousse à l’intérieur
Fleur cérébrale et fleur de cœur
Ma fleur
Fleur de cœur, ma fleur
Vous êtes les plus forts
Mais tous vous êtes morts
Et je vous emmerde… »
Chansons de la 1ère partie : Chansons de l’an 01 : Pèlerin
03:21 François Béranger : Première chanson de l’an 01 : Gébé – François Béranger : 1973
07:38 Serge Kerguiduff : Pèlerin : Serge Kerguiduff : 1973
11:33 Anne et Gilles : Nomade : Anne Dubray – Gilles Méchin : 1973
13:38 Patricia Rappaz : Bientôt not’ tour : Patricia Rappaz : 1973