Biographie d’André Georgian
Enfance et formation d’André Georgian
André Poliautre, alias André Georgian, chantauteur français naît en 1939 à Lille dans une famille modeste. Son père est un ouvrier, libre penseur, amateur de belles-lettres et anticlérical. Sa mère, une pure ch’timi est croyante mais subtile et dotée d’un bel humour. La famille vit dans le quartier ouvrier de Fives. Pendant la guerre, ce quartier a été bombardé et éventré par les Allemands en raison de son activité industrielle.
Amoureux des mots dès son plus jeune âge (grâce à la bienveillance et aux encouragements de deux maîtres d’école qui lui font découvrir Rimbaud, Verlaine, Apollinaire, Verhaeren…), André se met à écrire à l’âge de 8 ans. Un besoin précoce et essentiel de s’exprimer, comme il le dira souvent.
Sensible également à la musique et plus particulièrement à la chanson, il chante dans les années 1950 au Cercle Saint Louis où il remporte (déjà) des concours.
Et, à 12 ans, sur un poste à galène il écoute tout ce qui passe dans ses écouteurs : opérettes, informations, pièces radiophoniques, concerts classiques, chanteurs…
En outre, vers l’âge de 14 ans, il découvre, sur les ondes d’Europe 1, le jazz de Louis Armstrong (dont il écrira : « Cher Louis, tu as éclairé ma vie avec le soleil cuivré du jazz ») ainsi que Django Reinhardt.
De même il se passionne pour la guitare, par l’intermédiaire d’un certain Arthur Smith et de son fameux titre « Guitar Boogie » (qui tournait en boucle à l’époque dans les juke boxes).
André Georgian crée un premier groupe
Ainsi, 3 ans plus tard, André Poliautre (pas encore Georgian) crée un premier groupe qui chante des airs dans le style scout et country. Remarqué par la Maison Berger (apéritifs), il touche alors ses premiers cachets qui lui permettent l’achat de sa toute première guitare.
Mais, en juillet 59, il est appelé à l’armée. Sportif et curieux, il a eu l’opportunité de réaliser ses premiers sauts à Lille grâce à une préparation militaire. Il rejoint donc le 13ème Régiment de dragons parachutistes à Tarbes. Il y emmène sa guitare et fait l’apprentissage du swing aux côtés de deux autres appelés, un clarinettiste et un batteur de jazz dans le civil. Les Jex Brothers sont nés. Puis c’est l’Algérie et il restera marqué à vie par la guerre.
De cette expérience, il rapportera une superbe mélodie traditionnelle entendue à la radio. Il l’apprendra à la guitare et l’appellera « Sahara 61 »
De retour en France après 28 mois d’Algérie, il intègre en décembre 1962, l’orchestre « Blue Soul Stompers » fondé et dirigé par le clarinettiste Gérard Delsalle, qui fut aussi le créateur du Hot club de Lille.
Les Blue Soul Stompers sont engagés en novembre 1963 pour jouer au cours de la Nuit des Arts et Métiers en compagnie du trompettiste américain Peanuts Holland.
C’est lors de cet événement qu’il rencontre Danielle. Ils se marient en 1965 et fondent une famille. Dans son livre « Qu’est-ce qu’une vie dans la galaxie du temps » (hommage à Danielle édité par la ville de Lille en 2013), André écrira :
« J’étais artiste, mais grâce à toi, je le suis devenu à temps complet ».
André Georgian participe à la finale de la « Fine fleur de la chanson française »
C’est ainsi qu’en 1967, remarqué à Paris par le poète Luc Bérimont, André chante ses premières chansons (« Pépé », « Dadidou ») en première partie du concert de Félix Leclerc à Bobino, lors de la finale de la « Fine fleur de la chanson française ».
Puis, en 1968, il participe à divers concours et tournois de chansons en Belgique et en France et obtient la 3ème place au Grand prix de la jeunesse organisé par La Voix du Nord pour sa chanson « Ballade à Pierrot ».
Il devient auteur-compositeur-interprète professionnel en 1969. Et se choisit alors le nom de Georgian, en hommage au grand Georges Brassens, l’un de ses maîtres.
Carrière artistique professionnelle d’André Georgian
Dès 1971 André Georgian entame des tournées dans l’Hexagone, ainsi qu’en Belgique, Allemagne, Hollande, au Luxembourg et en Suisse. Sur scène, il croise de nombreux artistes : Mouloudji, François Béranger, Isabelle Aubret, les jazzmen Stéphane Grapelli, Marc Laferrière, Maxime Saury…
On commence à l’entendre sur les ondes, de Radio Quinquin (radio pirate de la CGT dans le Nord) à Europe 1, en passant par France Culture. On le voit aussi plusieurs fois sur FR3.
Enfin, en 1973, André enregistre son premier 33 tours « Vivre en 73 » produit par Roger Auffrand et sa maison de disques « L’oiseau bleu ». En 1974 suit un deuxième album, « L’oiseau du nouvel âge ». Ses chansons témoignent pour certaines d’une époque (« Vivre en 1973…, mon Dieu c’est compliqué »). Mais beaucoup sont intemporelles, comme « Le vigneron » qui aurait certainement plu à Brassens.
En mai 1975, Il est programmé en première partie de Claude Nougaro au palais Rameau de Lille. Ce dernier est accompagné de son pianiste Maurice Vander, qui, lui-même a joué avec Django Reinhardt. André écrira plus tard : « Vous imaginez mon bonheur, je me produisais sur la même scène que celui qui représentait pour moi le sommet de la chanson française ».
Militant, André participe à la création d’ « Action Chanson », ainsi qu’à de nombreux meetings du PS, du PC, du PSU. On l’applaudit à la « Fête de l’Humanité » en 1977.
Discographie d’André Georgian
1973 Un 33 tours : Vivre en 73… (L’oiseau Bleu)
1974 Un 33 tours : L’oiseau du nouvel âge (L’oiseau Bleu)
Documents biographiques
Biographie fournie par la famille d’André Georgian
Présentation d’André Georgian par lui-même
Sahara 61 par André Georgian et son fils Manu
[source : famille d’André Georgian (merci à elle ! ) ]
Chansons de la 2ème partie : Ubu au pouvoir : Journée porte ouverte en enfer
18:40 André Georgian : Journée porte ouverte en enfer : André Georgian : 1974
21:20 Marie-Paule Belle : Deux heures du matin : Françoise Mallet-Joris, Michel Grisolia – Marie-Paule Belle : 1974
24:18 Pia Colombo : Menus propos : Maurice Fanon – Gérard Jouannest : 1974
26:16 Mélina Mercouri : La veuve du colonel : Henri Meilhac, Ludovic Halévy – Jacques Offenbach : 1974