Biographie de Francesca Solleville (2ème partie)
La 1ère partie est consultable ICI
En 1961, lors de sa première tournée avec Jean Ferrat, Francesca découvre la chanson « J’entends, j’entends » : J’en ai tant vu qui s’en allèrent / ils ne demandaient que du feu / Ils se contentaient de si peu / Ils avaient si peu de colère…. La première fois qu’elle la chante dans une fête populaire, ses yeux tombe sur les premiers rangs :
« Des gens comme on n’en voit nulle part… ou comme j’en ai vu à l’enterrement de Jacques Duclos. Des gens qui sortent rarement de chez eux et qui, ce jour-là, s’inclinaient en larmes devant le cercueil. J’ai été frappé par leur connivence avec les mots de la chanson, par notre compréhension mutuelle. Dans une telle situation tu comprends pourquoi tu chantes. C’est tout simple. Je chante encore « J’entends, j’entends » parce qu’elle s’adresse vraiment à l’âme des gens ».
Alors, Francesca enchaîne les tournées : Jeunesse Musicale de France, tournée en Algérie, tournée de la Contrescarpe en Amérique. En 1963, elle jouera le rôle d’une pute dans le film dragées au poivre où elle y chante « La joueuse de gong ». Elle reprendra ce titre dans son album « Deuxième Récital » paru en 1964. Album qui sera récompensé du Prix de l’Académie Charles Cros.
De plus Francesca Solleville tourne aussi beaucoup dans les cabarets rive gauche. Colette Magny venait l’écouter place de la Contrescarpe. Elles deviennent amies, Francesca inscrit alors « Les Tuileries » à son répertoire. Elle l’enregistrera dans son album « Récital N°3 » paru en 1965
Francesca Solleville en mai 1968
Francesca Solleville et Colette Magny participent aux mêmes piquets de grève. Plus personne n’avait d’essence mais les ouvriers en grève en trouvaient pour qu’elles puissent se rendre en voiture d’une usine à l’autre.
« On n’avait pas de sono, on chantait n’importe où. Je garde le souvenir d’extraordinaires moments de solidarité. Nous passions des durs de chez Citroën aux toutes jeunes filles – 17, 18 ans – de Rivoire et Carret dans je ne sais plus quelle banlieue : des enfants qui défendaient leur travail – le conditionnement de pâtes- aux côtés de leurs aînés. Ces gamines jouaient avec une portée de chatons qu’elles avaient recueillis dans les fourrés proches des ateliers tout en continuant l’occupation et la grève ».
De fait en mai, les cabarets rive gauche sont contraints de fermer leurs portes. La capitale sort de sa léthargie puis s’enflamme. De Saint-Germain-des-Prés à Saint-Michel, de Saint-Michel à la Contrescarpe. Faute de public et d’artistes, les cabarets doivent attendre le retour de « l’ordre républicain » pour rouvrir. Plusieurs ne le feront pas. Le public est revenu mais pas le même, snob, se permettant de venir en cours de spectacle et de partir avant la fin. Pendant les vacances « Le Cheval d’Or » ferme.
La fin du Cheval d’Or puis, un an et demi plus tard, celle de la Contrescarpe, peuvent être considérées comme la mort clinique du cabaret rive gauche. Galas et grande salles constituent alors la seule voie possible pour la chanson. Encore faut-il avoir les épaules alors que l’air du temps change à toute allure.
Finalement, en 1971 Francesca participe à l’aventure « La Commune en chantant » initiée par Mouloudji.
Chansons de la 4ème partie : Centenaire de la Commune de Paris : Elle n’est pas morte
47:39 Adrienne Chaumont : La semaine sanglante : Jean-Baptiste Clément – Pierre Dupont : 1971
52:37 Francesca Solleville : Elle n’est pas morte : Eugène Pottier – Victor Parizot : 1971
55:49 Nicole Vervil : Louise Michel : Jules Jouy – Wicht : 1960
58:17 Simone Bartel : Quand viendra-t-elle ? : Eugène Pottier – Traditionnel : 1971