Joël Sternheimer alias Evariste, chantauteur et chercheur français naît à Montluel (Ain) en 1943. Famille aisée : son père est administrateur de biens, sa mère avocate.
Alors que le petit Joël n’est âgé que de 10 mois, son père, juif, est arrêté par les nazis et assassiné à Auschwitz. Donc le reste de la famille se cache en Savoie jusqu’à la Libération.
Joël Sternheimer est élevé dans des sympathies juives prolétariennes où il acquiert le goût pour la chanson. De surcroit il fréquente les enfants d’ouvriers de son quartier. Très bon élève, au lycée, par exemple il fait une devoir de maths en vers. Joël est licencié de mathématique à la Fac des Sciences de Paris puis, en 1966, passe sa thèse de doctorat de physique théorique à L’Université de Lyon.
Joël Sternheimer est invité à rejoindre l’Université de Princeton
Alors, Joël Sternheimer est invité à rejoindre l’Université de Princeton, aux États-Unis d’Amérique pour être l’assistant du professeur Eugene Paul Wigner, spécialiste de la théorie des groupes.. Cependant à peine arrivé, il apprend la suppression du poste, due à des réorientations de crédits à cause de la guerre du Vietnam. On lui propose autre chose, mais il démissionne. Néanmoins, il reste inscrit à des séminaire à l’Institute For Advance Study, donnés par Oppenheimer, le père de la bombe atomique.
Un professeur de Princeton d’origine française, qui se tenait au courant de ce qui se passait en France, lui dit :
« Tu as les cheveux longs, pourquoi ne fais-tu pas un disque comme Antoine ? Tu seras indépendant et tu pourras poursuivre tes recherches… »
Joël s’achète une guitare et commence à composer des chansons.
Ainsi, Joël s’achète une guitare et commence à composer des chansons. Il s’essaye à chanter dans un cabaret de New York, à Washington Square, au Gerde’s Folk City, là où Bob Dylan avait débuté ! Le patron du club l’encourage à continuer.
Pendant ces escapades, Joël manque deux ou trois séminaires à l’lnstitute for Advanced Study… Lorsqu’il y retourne, le professeur Robert Oppenheimer avait remarqué ses absences. Joël doit lui faire part de ses difficultés à Princeton et de mon souhait de devenir indépendant… Ce dernier lui répond alors :
« Si vous avez un moyen pour être indépendant, faites-le ! Si j’avais votre âge aujourd’hui, c’est ce que je ferais. »
De retour en France pour les fêtes de fin d’année, Joël Sternheimer passe une audition chez Disc’AZ . Il enregistre alors un premier 45 tours E=mc2 sous le nom d’Evariste, en référence à Evariste Gallois.
Lucien Morisse, directeur général de Disc’AZ et directeur des programmes d’Europe n°1 voit en lui un candidat capable de rivaliser avec Antoine, autre « intello de la chanson ».
Evariste pendant le mouvement de mai 1968
Finalement, Evariste revient à Paris début 1968. Evariste pendant le mouvement de mai 1968 prend une part enthousiaste, dès le début, aux revendication étudiantes.
Il chante dans les amphithéâtres occupés, participe aux manifestations et à l’érection de barricades. Evariste participe également au Comité Révolutionnaire d’Action Culturelle (CRAC). Il y fait la connaissance d’une lycéen – futur chanteur Renaud- qui lui dactylographie sa chanson « Révolution ». La pochette est dessinée par Georges Wolinski.
Le 45 tours paraît avec l’aide de Lucien Morisse qui négocie des tarifs préférentiels avec la société de pressage. Évidemment le disque est immédiatement interdit sur les ondes mais néanmoins autorisé à la vente. Il est vendu 3 francs de façon militante. Sur la deuxième face se trouve la chanson « La faute à Nanterre »