C.d.C.#56 1975 Le chien pouilleux et la louve : David McNeil - Annkrist - Bernard Lavilliers - Antoine Candélas

Episode 56 • September 30, 2026 • 00:59:59
C.d.C.#56 1975 Le chien pouilleux et la louve : David McNeil - Annkrist - Bernard Lavilliers - Antoine Candélas
Le chant de l'histoire
C.d.C.#56 1975 Le chien pouilleux et la louve : David McNeil - Annkrist - Bernard Lavilliers - Antoine Candélas

Sep 30 2026 | 00:59:59

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Show Notes

C.d.C.#56 1975 Le chien pouilleux et la louve : David McNeil - Annkrist - Bernard Lavilliers - Antoine Candélas

1975 Le chien pouilleux et la louve - Contexte historique

Le chien pouilleux et la louve. Au tournant des années des années 1960 et 1970, un mouvement revivaliste a produit en Bretagne ce que l’on a qualifié de « folk song breton », de « progressive folk breton », de « folk celtique » ou encore de « Celtic pop music », en quoi l'on peut voir une déclinaison locale de la contre-culture américaine.

La pratique amateur du folk est favorisée au Centre américain du boulevard Raspail à Paris par l’organisation de Hootenannies, animés par Lionel Rocheman, de 1964 à 1972.

S’y produisent assidument quelques dizaines d’amateurs de musique folk américaine et anglaise, et également des Bretons de Paris : les guitaristes Bernard Benoît et Dan ar Braz, la chanteuse Maripol, le harpiste Alan Stivell dès janvier 1966.

Au début de l’année 1972, Pete Seeger adresse une lettre ouverte, intitulée « Ne vous laissez pas coca-coloniser », aux « jeunes gens qui, au-dehors des États-Unis, sont fortement attirés par la musique folk et pop de ce pays ». Mettant en évidence trois sortes de musiques américaines :- une issue du peuple soumis, - une autre émanant de la classe dirigeante, attachée à endormir ce peuple - une dernière, subtil mélange des deux premières Seeger invite les jeunes à s’inspirer de la démarche des folksingers américains pour mettre en valeur leur propre musique folklorique, sans négliger celles d’autres pays.

 

Biographie de David McNeil - Le chien pouilleux et la louve

Enfance et formation de David McNeil

David McNeil, chantauteur et romancier étasunien, naît à New York en 1946. Son père est le peintre Marc Chagall, exilé alors au EUA depuis 1941 du fait des persécutions nazies. Sa mère est Virginia Haggard Mc Neil, gouvernante, engagée après la mort de la femme du peintre en 1944.

« Je suis né quand ma maman est tombée amoureuse de mon papa Chagall. Elle était toujours mariée avec John McNeil. À l'époque, les divorces étaient très difficiles et Mc Neil y était réticent. C'est la raison pour laquelle je ne m'appelle pas Chagall mais Mc Neil ».

En 1949, la famille retourne en France. David y passe ses premières années avec ses parents et sa demi-sœur Jean, fille de Virginia et de son mari. Mais en 1952, sa mère rompt avec Marc Chagall et part vivre en Belgique avec ses deux enfants et se remarie.De son côté Marc Chagall se remarie aussi, avec Valentina (Vava) Brodsky. David McNeil revient vivre chez son père lorsque le nouveau mari de sa mère tombe malade.Cependant Vava, que David appelle « la Gorgone » le tient éloigné de la maison, comme elle le fait pour Ida, la fille ainée de Chagall.

« J'en voulais à mon père de ne pas taper du poing sur la table en disant « Je veux voir mes enfants », et je préfère dire pusillanime parce que lâche n'est pas un mot que j'aime. Mais lui était dans sa magie et j'ai mis longtemps à lui pardonner. Longtemps. La raison pour laquelle je lui pardonne, c'est parce qu'avec son talent il a rendu heureux tellement des gens ».

De ce fait, il est placé en pensionnats durant une dizaine d'années. Cette expérience répétée de l'internat n'engendre pourtant ni soumission ni repli durable. Elle favorise l'apprentissage d'une stratégie de survie : la fuite. McNeil le formule sans emphase « Si ça ne me plaît pas, je n'y vais pas ».À quinze ans, David est inscrit au lycée français de Bruxelles. L'appartement de sa mère étant trop petit, il loge en chambre d'étudiant. C'est la première fois qu'il habite un lieu sans y être enfermé :

« J'allais au lycée français et le soir, comme je ne dormais pas chez mes parents, j'allais au cinéma. Je marchais dans les rues, je m'achetais des cornets de frites place Flagey… c'était la vraie vie ! Au lycée français de Bruxelles j'ai découvert une chose magique. J'ai découvert un lycée mixte, ce qui change tout, parce que même à quinze ans tu comprends la séduction et le jeu de la séduction. Et mon dieu, c'est un bonheur ! Je m'y suis plu ».

Ensuite, il vit un temps à Londres chez sa demi-sœur Jean où, dans les clubs de jazz, il a ses premiers contacts avec la culture musicale.

Début de la carrière artistique de David McNeil

À la fin des années 60, David McNeil écrit des chansons sans projet de carrière précis, d'abord en anglais. Il aborde la chanson comme une pratique légère, compatible avec son mode de vie instable et peu enclin à la planification. Il se produit dans des lieux modestes à Bruxelles, à la frontière de l'amateurisme et des circuits alternatifs. Cependant deux rencontres vont jouer un rôle décisif dans sa structuration :- d'abord celle de Deroll Adams, joueur de banjo et figure du folk étasunien, installé en Belgique. Ce dernier lui transmet une conception narrative de la chanson : raconter des histoires plutôt que livrer ses états d'âme- puis ensuite celle de Jo Dekmine, directeur du Théâtre 140 qui va jouer le rôle de passeur. Dekmine perçoit très tôt la singularité de ces chansons et offre à McNeil une scène, une légitimité. C'est lui qui l'encourage à rencontrer Pierre Barouh à Paris.

David McNeil avait déjà enregistré trois (mauvais) 45 tours chez Philips Belgique. Mais son véritable baptême discographique se fait sous l'égide de l'étiquette Saravah. Ce cadre artisanal libertaire et peu hiérarchisé correspond parfaitement à l'état d'esprit de David McNeil au début des années 70. Il y enregistrera trois albums.Sur le plan musical, ces albums doivent beaucoup aux collaborations mises en place notamment par Pierre Barouh. Aussi la présence de Jean-Pierre Auffredo, fidèle compagnon de studio, est-elle importante et celle du guitariste Jack Treese déterminante.Une écriture musicale, à la fois sobre et souple qui laisse toute sa place au récit et à la diction. Mieux vaut moins de notes mais que celles-ci, en plus du son, produisent du sens !

[ source : Hexagone n° 40 ]

Discographie 1968 / 1979 de David Mc-Neil

1968 Deux 45 tours : Don't let your chance go by & Indigo (Philips)1969 Un 45 tours : Linda (Philips)1972 Un 33 tours : Group Captain Crash (Saravah)1974 Un 33 tours : L'assassinat (Saravah)1975 Un 33 tours : J'ai déjà fait mon arche… (Saravah)1976 Un 45 tours : Tous les bars de Babylone (Saravah)1977 Un 45 tours : B.O.F. Blues jeans (RCA)1978 Un 33 tours : Funky-punky (RCA)1979 Un 33 tours : Roule baba cool (RCA)

Chansons de la 1ère partie : Le chien pouilleux et la louve : Chien pouilleux

02:50 David McNeil         : J'ai déjà fait mon arche     : David McNeil : 197506:45 Claude Antonini  : Je vous salue hirondelles : Paol Keineg - Claude Antonini : 197510:55 Daniel Slimak      : Chien pouilleux                  : Daniel Slimak - Yves Keusch : 1975

Annkrist & Kristen Noguès

Biographie d’Annkrist.  Le chien pouilleux et la louve

Enfance et formation d’Annkrist

Anne-Christine le Goaër, alias Annkrist, chantautrice française, naît en 1949 à Bizerte (Tunisie). Son père est un marin breton de la marine nationale affecté à la base stratégique de Bizerte. Après l’indépendance de la Tunisie, la famille retourne à Brest. C’est donc à huit ans que la petite Anne-Christine découvre la Bretagne. Son enfance sera marquée par la maladie et la séparation d’avec sa famille.

À l’adolescence, elle habite le quartier du Polygone, à Brest, où vivent des Gitans, des blousons noirs et des ouvriers.

« Les garçons y sont un peu plus beaux qu’ailleurs, les filles un peu plus belles, de la beauté d’Esmeralda. » Cette ville, ce quartier ont « beaucoup contribué à l’écriture et à la sonorité de mes chansons ».

Le dimanche après-midi, son père ouvre la maison au voisinage, vient y chanter qui veut. Annkrist y joue ses propres chansons, en s’accompagnant à la guitare. Elle va les chanter aussi dans les kermesses, au stade de foot, dans les cantines. La chanteuse fait aussi sensation au « Club Folk » où s’invente alors la scène brestoise. C'est ainsi qu'elle aura l'occasion d'y rencontrer Gérard Delahaye, futur fondateur de la coopérative Névénoé

Elle entre à l’école des Beaux-Arts. À 20 ans, diplôme en poche, elle part enseigner le dessin du côté de Lyon, Saint-Étienne et Valence, où elle s’intéresse à la sauvegarde des artisanats populaires en perdition, broderie de jais, dentelle au fuseau. Surtout, par le biais du CNRSH (Sciences Humaines) elle trouve un emploi à Niamey, au Niger. Elle sillonne alors les déserts du Tassili, du Ténéré et du Tanesrouf.

Début de la carrière de chanteuse d'Annkrist

Mais quand Annkrist revient en Bretagne, c’est pour se déterminer réellement comme chanteuse :

« C’était en 72, mais il y avait plus de dix ans que j’écrivais des chansons et six ou sept ans que je les chantais en public. La chanson a toujours été un état chez moi ; j’ai toujours chanté et toujours mes chansons »

En effet, Annkrist déteste l’interprétation, sauf cas exceptionnels. De fait, elle débute dans la chanson au moment de la grande vague du folk :

« Je tombais mal. On me demandait de chanter du folk et je ne voulais pas car je trouvais malhonnête de le faire alors que je ne connaissais pas la langue. […] J'ai horreur de ça, et puis ça ne me plaît pas de ne pas être authentique du tout. On ne vit qu'une fois et je tiens à chanter mes chansons. »

Philippe Anciaux, chantauteur wallon se souvient :

« Ça devait être dans les années 70. Mon ami Jacques-Ivan Duchesne et moi-même, Philippe Anciaux, avons été invités pour notre plus grande joie à chanter à Morlaix dans le Finistère [ à "la fête à l'ennemi intérieur"]. Pour nous, les Wallons, retrouver nos frères bretons est toujours une grande fête ! […]

Ainsi donc, à Morlaix, j'étais en première place, car je voulais découvrir cette Annkrist artiste et poète sur scène. Ce fut un choc ! Un cri ! Une force poussée par des paroles puissantes et douloureuses, sans concession à la vie ! Elle chantait des mots comme on les dit simplement, mais ensoleillés d'une poésie tellement présente, des mots qui n'étaient pas enrubannés de cette poésie dégoulinante qu'on retrouve chez les patauds, des mots puissants, jetés au cœur comme crachés au malheur et soulignés par cette voix douloureuse, et ces cheveux de feu.

Je suis resté cloué à mon siège tout le spectacle. Jamais je n'avais entendu une artiste de ce gabarit, de cette trempe, elle déclouait mes pensées faciles de p'tit bourgeois bien pensant, elle m'emmena dans son monde à elle que je pouvais faire mien. Et le voyage ne fut pas facile… »

Annkrisk rejoint Névénoé

De nombreuses chansons en poche, Annkrist rejoint Névénoé, un collectif d’artistes basé à Morlaix. Elle y fait la rencontre de la harpiste Kristen Noguès, avec qui elle formera sur scène un duo très soudé.Alain-Gabriel Monot, professeur de lettres à l’Université de Bretagne occidentale, journaliste, écrira :

« Avec Kristen Noguès, {Annkrist] se produit régulièrement en 1974. Et c'est comme si le blues entrait en majesté dans les salles de concerts finistériennes, minuscules le plus souvent, où les deux musiciennes font entendre la beauté altière du mal profond de vivre qui les habite, retourné en boule de splendeur. »

En juillet 1975, son premier album sort chez Névénoé. Tous les musiciens du collectif participent à l'enregistrement, tissant des arrangements folk-rock derrière la voix déchirée de l'artiste au meilleur de son art.

Six mois plus tard, sur la route qu’elle a prise pour répondre à l’invitation de Jean-Louis Foulquier sur France Inter, la voilà victime d’un terrible accident de la route.

[sources : blog d'Annkrist - Livre "Annkrist" éditions Goater]Biographie à suivre…

Chansons de la 2ème partie : Le chien pouilleux et la louve : Pourquoi on devient louve

17:32 Daria de Martynoff : Pourquoi on devient louve : Daria de Martynoff : 197520:02 Annkrist                    : Par la rue haute, d'abord   : Annkrist (Anne-Christine Le Goaër) : 197525:09 Guy Monfaur            : Noroit (La mer du nord)     : Guy Monfaur : 197528:21                          : Ce n'est pas moi qui chante : Jacques Prévert - Sebastian Maroto : 1975

Biographie de Bernard Lavilliers (1ère partie). Le chien pouilleux et la louve

Enfance  de Bernard Lavilliers

Bernard Oulion, alias Bernard Lavilliers, naît à Saint-Etienne en 1946. Sa mère, Georgette, ancienne institutrice lui apprendra à lire très jeune, à quatre ans. Son père, Claudius, résistant pendant le guerre, est comptable à la Manufacture d'armes de Saint-Étienne (Manu). Bernard se souvient :

« C'est un vieux communiste de 1936. Il a été leader syndicaliste pendant quarante ans. C'est un type qui est toujours aussi ouvert sur l'extérieur. »

Pour ses parents, la culture est un droit et un devoir. Toute la famille est accro à la lecture. La musique n'est pas oubliée : la maman joue du piano à la maison ( Brahms, Satie). Le père écoute de la musique cubaine, ce sont ces rythmes cubains que Bernard rencontre en premier et qu'il apprend à aimer. En outre, toute la famille chante. Côté chanson, si la maman, aussi, est portée vers l'afro-cubain et le papa vers Django Reinhardt, c'est ensemble qu'ils chantent « Les feuilles mortes ». Bernard a une jolie voix et il chante aussi dans les repas de famille. La première chanson qui émouvra Bernard est « Comme un soldat » de Francis Lemarque.Tous les dimanche après-midi, les parents amènent leurs enfants au cinéma. Bernard découvre « Les Enfants du paradis » et surtout « Robin des bois ».

L'enfance de Bernard est ordinaire, sans heurts, dans une grande harmonie familiale. Cependant, à sept ans, Bernard est atteint d'une congestion pulmonaire. Aussi, plutôt que l'envoyer au sanatorium, les parents décident de déménager à la campagne sur les hauteurs de Saint-Etienne. Bernard doit aller à l'école privée de la Fouillousse, il se souvient :

« il me fallait faire trois kilomètres à pied, le matin, vers 6h30… Je prenais le chemin de l'école, mais souvent je n'y allais pas, carrément. J'avais huit ans et le passais mes journées tout seul dans les bois, avec ma gamelle de midi […] Je me souviens d'un seul instit, au CE1. Un marginal, un écrivain surréaliste au nom de Duperray. Il me foutait une paix royale et disait à ma mère : « Lui, je sens que c'est une autre espèce d'homme, il fait partie des artistes ». Quand j'ai commencé à chanter et écrire, à dix-sept ans, il a été l'un des premiers à venir me voir et à m'encourager par de longues lettres ».

 

 

L'année suivante, la famille retourne à Saint-Etienne et Bernard est scolarisé à l'école primaire publique, puis au collège, une scolarité sans relief et un peu fade. Bernard en dira plus tard :

« C'est de la lecture, pas de l'école que proviennent toutes mes connaissances, toute la charge des mots que je possède aujourd'hui, ce qui m'a permis de n'approfondir que les domaines qui m'intéressaient »

Il n'empêche que c'est la rencontre avec un enseignant hors du commun, Jean Duperray, qui va lui faire découvrir le surréalisme et surtout la cause antifranquiste.

Bernard Oulion en formation ouvrière à la MAS

Mais, au terme de cinq ans au collège, le jeune Bernard veut abandonner les études et faire du spectacle. Toutefois, son père le convainc d'entrer d'abord à l'École de formation technique de la Manufacture d'armes de Saint-Etienne (la MAS) pendant trois ans, pour au moins apprendre un métier. Bernard remplira le contrat passé avec son père: il suivra le cursus, obtiendra son CAP, et travaillera un temps en tant que P1. Cependant durant ce temps, le futur Lavilliers n'a qu'une idée en tête : être artiste ! il vient d'ailleurs à l'usine avec sa guitare. Ainsi, il aura l'occasion d'observer les conditions de travail : le bruit, la chaleur, les cadences…. L'usine sera la source de belles inspirations : « Les Barbares », « Fensch vallée »…Il se choisit alors « Lavilliers » comme nom de scène.

En outre, lors de sa scolarité à la MAS, des camps sont organisés pendant les vacances, qui rassemblent les élèves des différentes écoles d'armement de l'Hexagone. En fin de deuxième année, ce sera un camp de ski nautique et de canoë à Vassivière, dans le Limousin. Luxe insensé en terre prolétaire… mais c'est pour l'armement. Lors de ces rassemblements, chaque école se doit de défendre ses couleurs, notamment lors de soirées spectacles. La MAS trouve en Bernard Lavilliers un atout de poids : l'élève a du coffre, il s'accompagne à la guitare et chante tant du negro-spiritual que La Prière mis en musique par Georges Brassens.C'est à Vassivière que le jeune Lavilliers rencontre son premier public.

Et c'est pendant sa période d'apprentissage que, le soir, Bernard commence à fréquenter des marginaux et des étudiants, en particulier élèves des Beaux-Arts. Ainsi, il fera connaissance d'Alain Meilland, Duk (Pierre-René Massard), Claude Lyonnaz. Toute cette bande vit la nuit. Bernard, lui, n'appartient pas à la bande : le soir il rentre chez ses parents, il commence tôt à l'usine…

De plus, si Bernard bosse à la Manu la journée, le soir il est élève d'art dramatique au conservatoire. Il y fait la connaissance de René Lecacheur, un prof venu de Paris et devenu la cheville ouvrière de l'association d'éducation populaire Culture et Jeunesse. Bernard est bon élève, aussi Lecacheur, qui désire monter une pièce sur un souvenir tragique de la résistance stéphanoise, lui réserve un des deux premiers rôles dans « Mourir, cette chance ».

Débuts sur scène de Bernard Lavilliers.

Au terme de ses trois ans de formation, Bernard Oulion obtient son CAP de tourneur et c'est au grade de P1 qu'il commence à travailler à la Manu.

« Pour ma mère, je suis devenu un homme quand je suis devenu un travailleur, quand je suis entré à l'usine et que j'ai rapporté des ronds à la baraque […]J'ai commencé à chanter quand je travaillais à l'usine. C'était des fois dans des Amicales Laïques, ou alors je louais un cinéma. Et le dimanche après-midi, je faisais des concerts. Enfin, des concerts, si on peut dire ! Je vendais les billets à l'usine. Les mecs se disaient : « Allez, on va lui faire plaisir. C'était pas cher. - Tu chantes quoi - mes chansons - Oh la la !, merde ! : » Et ils venaient : c'est comme ça que j'ai commencé. Mais c'était pas terrible, ce que je faisais ».

Par chance, Claudius Oulion, le père de maintenant Bernard Lavilliers, partage son bureau avec un dénommé Francis Lyonnard. Ce dernier est aussi musicien, accordéoniste et membre de la Sacem. Claudius se permet de lui demander un service : celui de bien vouloir consacrer un peu de temps à son artiste de fils, lui donner des conseils, l'aider à structurer sa musique…C'est ainsi que, désormais, Bernard se rend pour de fort studieuses séances chez Francis et Andrée, son épouse, violoniste professionnelle à la Saison lyrique de Saint-Etienne.

Autre rencontres importantes : celles de Roger Veyre et de Marcel Odouard. Roger est pianiste, en plus d'être professeur d'histoire géographie, Marcel prof. de français. Tous deux sont acteurs au théâtre mais aussi se retrouvent dans un récital «Chansons en marge, de Montéhus à Léo Ferré et Jean Ferrat ». C'est Marcel Odouard qui poussera définitivement Bernard Lavilliers sur la voie de la chanson.

« Rendez-vous avec la chance », célèbre émission de la radio régionale de l'ORTF doit venir à Saint-Etienne le 17 février 1965 pour une sélection en vue d'élire son « champion de la Loire » qui participera à la finale interrégionale.Il faut venir avec les partitions des deux chansons qui seront interprétées. C'est le branle-bas pour Bernard Lavilliers qui n'a aucune partition à présenter. Bernard consacre une séance de travail chez Francis Lyonnard à l'enregistrement d'un bon nombre de titres. À charge à l'accordéoniste de reporter tout ça sur partition.Bernard remporte la finale interrégionale, de plus il fait la connaissance d'André Lardon, architecte-chanteur, avec lequel se nouera une réciproque et véritable amitié.

Bernard Lavilliers fraternise avec les réfugiés espagnols.

En outre, Bernard Lavilliers fait équipe avec un autre complice, André Mellier, un élève à l'École normale qui hésite entre l'enseignement et la chanson. Tous deux font le tour des Amicales Laïques de la région mais aussi des auberges de jeunesse. Le Mouvement Indépendant des auberges de jeunesse (MIAJ) est proche des anarcho-syndicalistes de la CNT, le syndicat révolutionnaire espagnol.La région stéphanoise héberge alors de nombreux Espagnols qui ont lutté contre Franco et ont dû quitter leur pays. Bernard y retrouve Marcel Odouard et Jean Duperray. Ainsi, Bernard Lavilliers fraternise avec les réfugiés espagnols avec lesquels il finit par faire cause commune. Lavilliers sera accueilli par le MIAJ parisien quand il arrivera, fauché et sans point de chute, dans la capitale.

En ce début d'avril 1966, tout est prêt : Bernard Lavilliers a démissionné de la Manu, les valises sont prêtes et il a son billet de train , un aller simple pour Paris.

Biographie à suivre…

[ source : Les vies liées de Lavilliers - Michel Kemper ]

Discographie 1967 / 1975 de Bernard Lavilliers

1967 Trois 45 tours : Rose-rêve & La frime & La dernière bouteille (Decca)1968 Un 33 tours    : Chanson pour ma mie (Decca)1970 Un 45 tours    : Camélia blues (Edgar de Lyon) (As de trèfle)1972 Un 33 tours    : Les poètes (Motors)1975 Un 33 tours    : Le Stéphanois (Motors) &         Un 33 tours     : La Fête (participation, 1 titre) (Expression Spontanée)

Chansons de la 3ème partie : Le chien pouilleux et la louve : La grande marée

33:09 Maripol                 : Les éthers bleutés : Maripol (Marie-Paul Subié) : 197537:33 Joan-Pau Verdier : Ni diu, ni mestre    : Léo Ferré adapt. Joan-Pau Verdier : 1975 41:13 Bernard Lavilliers : La grande marée   : Bernard Lavilliers : 1975

Bernard Lavilliers

Biographie d'Antoine Candélas

Enfance et formation d'Antoine Candélas

Antoine Candélas, chantauteur français, naît à Langogne (Lozère) en 1942. Ses parents sont des Républicains espagnols réfugiés en France après la guerre civile.Très attiré par tout ce qui concerne l'enfance, il fait ses études à l'École normale. Il sera instituteur pendant dix ans dans les environs de Perpignan, pratiquant activement les méthodes d'éducation Freinet.

Puis la chanson pénètrera dans sa maison avec des textes d'une grande richesse, lui, le fils de réfugiés politiques espagnols qui fut « un élève découragé par de mauvaises notes en composition française ».Néanmoins il ne s'avouera jamais vaincu :

« Je mettais un point d'honneur à être meilleur élève que mes petits copains « bourgeois », car cela faisait la fierté de mon père qui disait toujours : « Les pauvres ne sont pas plus bêtes que les riches, mais ils doivent travailler dix fois plus car rien ne leur est offert » ».

Début de la carrière artistique d'Antoine Candélas

Trois ans d'apprentissage, et tout de suite la scène et l'émotion partagée. Espagnol par ses origines, Français par sa culture, Antoine Candélas compose des chansons au carrefour de ces deux influences. L'Espagne est présente dans l'inspiration musicale, la mélodie, le choix de l'instrument d'accompagnement, le ton de la chanson, souvent grave… La France dans le texte, l'écriture.

En 1975 paraît son premier album autoproduit : Alignements - Raphaëlle. Jacques Canetti le découvrira alors et publiera ses albums suivants

[ source Paroles & musique n° 16 & 40 ]

Discographie d'Antoine Candélas

1975 Un album 33 tours : Alignements - Raphaëlle (autoproduit)1977 Un album 33 tours : Volume 1 Espagnol (Jacques Canetti)1978 Un album 33 tours : Volume 2 Il a semé le paysan (Jacques Canetti)1978 Un album 33 tours : Espagnol, Morosité (8 titres réenregistrés) (Centre d'Art du Verseau)1980 Un album 33 tours : Volume 3 Et puis, y'a moi (Jacques Canetti)1984 Un album 33 tours : Train de banlieue (Ami disc)198? Un 45 tours              : Dieppe (autoproduit)

Chansons de la 4ème partie : Le chien pouilleux et la louve : Alignements

48:07 Antoine Candélas : Alignements            : Antoine Candélas : 197553:18 Denis Wetterwald : Un point c'est tout : Denis Wetterwald : 197556:13 Mouloudji              : Allons z'enfants       : Boris Vian - Marcel Mouloudji, Albert Assayag : 1975

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